Les Chambres closes du Dr Hawthorne

Comment une écharde de bois pouvait s'être ainsi plantée dans le crâne d'un homme censé avoir heurté un linteau de pierre, avant de s'écrouler sur le dallage d'un corridor désert ?
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mardi 17 juillet

Contenu

Nouvelle - Policier

Les Chambres closes du Dr Hawthorne

Social - Huis-clos MAJ samedi 27 juillet 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 10,64 €

Edward D. Hoch
Anthologie présentée par Roland Lacourbe
Préface de Roland Lacourbe
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Grivel
Paris : Rivages, février 2013
440 p. ; 17 x 12 cm
ISBN 978-2-7436-2469-9
Coll. "Noir", 902

Huis-clos à répétition

Le Docteur Sam Hawthorne est un être à part dans la littérature policière de détection. Plus que tout autre enquêteur - amateur ou non -, le crime lui colle étrangement à la peau. Et pourtant, on ne le croirait pas au premier abord, car cet honnête médecin qui habite Northmont, une petite bourgade paisible de Nouvelle-Angleterre, côtoie des notables bien sous tous rapports, même si lui n'est pas exempt de tout reproche. Héros de cinquante-deux nouvelles, il est ici le protagoniste de seize cas impossibles mais hauts en couleur et en imagination. Mais ce qui fait son succès ne tient pas tant à la qualité et à l'originalité des intrigues qu'à la continuité établie entre ces nouvelles qui s'ancrent dans une chronologie parfaitement établie (le docteur lui-même narre ses enquêtes à un témoin qui vient régulièrement lui rendre visite et à qui il promet de raconter tel nouveau cas lors de sa prochaine venue), qui en fait également un témoin de son époque - sans compter sa personnalité qui peut énerver tant il possède de caractéristiques du personnage romantique qui se complait dans une certaine solitude propice au malheur émotionnel.
Il n'aura de cesse de clamer qu'il a résolu quelques cas intéressants par obligation envers l'un de ses meilleurs amis, le shérif de Northmont au cours d'une décennie riche en événements.
Ses premiers cas relatés débutent au moment du Jeudi noir de 1929 lorsque Wall Street, la bourse américaine, dégringole pour s'achever à l'orée de la Seconde Guerre mondiale avec complot nazi à la clé non sans s'arrêter longuement sur la Prohibition avec de rudes bootleggers. Entretemps, la petite ville se dote d'un imposant hôpital de quatre-vingts lits, misant sur son expansion et sur les besoins des environs. Lui, tient un cabinet avec une infirmière que l'on sent amoureuse, mais qui finira par se marier. Il lui trouvera une gentille remplaçante et aura un cabinet dans l'enceinte de l'hôpital quasi désert. Au tout début, Sam Hawthorne se trouve une ravissante fiancée, mais un drame familial sur fond de crime résolu par le bon Samaritain associé au fait indéniable que s'il veut multiplier des aventures intéressantes (pour ses lecteurs), il ne doit surtout pas se marier, font que d'un commun accord, ils cessent très vite de se fréquenter. Qu'importe, hormis l'infirmière, le shérif se mariera également avec la postière (après un cas insoluble pour le commun des mortels sur fond de peinture fraîche).
Loin des mystères en chambre close avec plan très ingénieux à la clé promus par John Dickson Carr, les Chambres closes du Dr Hawthorne sont un ensemble amusant de péripéties où le crime réfléchit trouve un écho dans son exploitation instinctive. S'il est prémédité, bien souvent le moyen utilisé ne l'est pas hormis dans certains cas où le forfait est hautement improbable - quand par exemple le meurtrier est funambule et tend des câbles entre une maison et des poteaux téléphoniques pour pouvoir commettre son acte sans laisser de traces dans la neige. Après quelques tergiversations se basant sur des œuvres policières d'Edgar Allan Poe ou de Gilbert Keith Chesterton (donnant ainsi à penser que lui, le Dr Sam Hawthorne, est bel et bien réel) et l'énoncé de solutions bien souvent absurdes, la vérité saute au yeux du docteur qui pourra ainsi confondre le coupable dans un final hautement classique.
La prose sent la naphtaline, les intrigues intelligentes sortent de l'ordinaire tout en restant plausibles, et les coupables ont cédé à certains penchants que la morale catholique réprouve, et pourtant le tout prend étonnement bien. À lire et à relire...

NdR - Le recueil comporte les nouvelles suivantes : "Le Secret de la gargouille" ("The Problem of the Courthouse Gargoyle", juin 1980), "Le Diable dans le moulin" ("The Problem of the Pilgrim Windmill", septembre 1980), "La Nouvelle Mary Celeste" ("The Problem of the Gingerbread Houseboat", janvier 1981), "Le Mystère du bureau de vote" ("The Problem of the Pink Post Office", juin 1981), "Le Problème de la chambre octogonale" ("The Problem of the Octagon Room", octobre 1981), "La Malédiction des bohémiens" ("The Problem of the Gipsy Camp", janvier 1982), "Prisonnier des bootleggers" ("The Probleme of the Bootlegger's Car", juillet 1982), "L'Envol de l'oiseau d'argent" ("The Problem of the Tin Goose", décembre 1982), "L'Énigme du pavillon de chasse" ("The Problem of the Hunting Lodge", mai 1983), "Le Phare du Père Noël" ("The Problem of the Santa's Lighthouse", décembre 1983), "L'Étrange suicidée" ("The Problem of the Graveyard Picnic", juin 1984), "Un crime posthume" ("The Problem of the Crying Room", novembre 1984), "Meurtre dans la neige" ("The Problem of the Snowbound Cabin", décembre 1987), "L'Assassinat de la marionnette" ("The Problem of the Two Birthmarks", mai 1989) & "Le Problème de la ferme-forteresse" ("The Problem of the Protected Farmhouse", mai 1990) ; ainsi que Les 52 problèmes impossibles du docteur Sam Hawthorne.

Citation

Dans la nouvelle d'Edgar Poe, la lettre se trouvait en permanence à la vue de tous ; seulement personne n'y prêtait attention. Si, comme l'a écrit Chesterton, le sage est celui qui dissimule une feuille d'arbre dans une forêt et un galet sur une plage, quelle meilleure cachette pouvait-on imaginer pour une lettre volée qu'un bureau de poste ?

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 25 juillet 2013
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