De fièvre et de sang

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lundi 14 juin

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Roman -

De fièvre et de sang

Fantastique MAJ mardi 22 juin 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Sire Cédric
Paris : Pré-aux-Clercs, mars 2010
446 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-84228-373-5

Actualités

  • 09/03 Édition: Parutions de la semaine - 9 mars
    Grande semaine de parutions avec des habitués que sont Lawrence Block, James Lee Burke, Karine Giébel, Peter James, Jon Stok et Lisa Unger, mais aussi plus surprenant, Patrick Poivre d'Arvor (qui dix-huit ans après son premier roman policier revient sur des sentiers à se faire battre) et, plus surprenant encore Georges Perec (à lire la préface du roman qui remet le livre dans son contexte, celui d'une œuvre de jeunesse avec ses défauts et ses fulgurances oulipiennes). Les éditions Omnibus s'offrent Émile Gaboriau et William Irish. Au rayon des curiosités, Odyssée Odessa, de Sergueï Dounovetz au Dilettante, et le retour de Rachid Santaki chez Moisson rouge (Des chiffres et des litres).
    Au rayon des curiosités toujours (deuxième étage) se trouvent le Hongrois Péter Nádas avec ses Histoires parallèles (Plon) et le Grec Vassoula Nicolaidès avec Mauvais œil chez Oslo.
    Rayon poche, Denis Alamercery, Jérémie Guez et Sire Cédric, qui ont tous les trois connus une faste année 2011 reviennent en poche.
    Comme le veut la très k-libre tradition, faites votre choix :

    Grand format :
    PK9 : psycho killer au Père-Lachaise, de Alain Audin (Ex æquo, "Rouge")
    Le Pouce de l'assassin, de Lawrence Block (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente")
    Swan peak, de James Lee Burke (Rivages, "Thriller")
    Toi que j'aimais tant, de Mary Higgins Clark (Les Éditions retrouvées)
    Du sang sur les docks, de L. Bernard Coat (Ex æquo, "Hors cadre")
    Nous serons inséparables, de Julia Crouch (Presses de la Cité)
    Le Rire des anges, de Françoise Delmon (Les Presses du Midi, "Crimes et châtiments")
    Odyssée Odessa, de Sergueï Dounovetz (Le Dilettante)
    Le Briseur d'âmes, de Sebastian Fitzek (L'Archipel)
    L'Homme pas Dieu, de Frankito (Écriture)
    Les Dernières enquêtes de monsieur Lecoq, d'Émile Gaboriau (Omnibus)
    Juste une ombre, de Karine Giébel (Fleuve noir, "Thriller")
    Le Crime de la rue de l'Aumône, de Nicole Gonthier (Pygmalion, "Policiers")
    Durable développement : une histoire de province, de Guylaine Govza (Atelier de création libertaire : le Pédalo ivre)
    Le Prix à payer, de Lotte Hammer & Soren Hammer (Actes sud, "Actes noirs")
    Rendez-vous en noir, de William Irish (Omnibus)
    À deux pas de la mort, de Peter James (Fleuve noir, "Thriller")
    Randy Welcome, de Alexandra Julhiet (Robert Laffont)
    Armageddon Rag, de George R. R. Martin (Denoël)
    Histoires parallèles, de Péter Nádas (Plon, "Feux croisés")
    Mauvais œil, de Vassoula Nicolaidès (Oslo, "Noir sang")
    L'Enfant nucléaire, de Daph Nobody (Sarbacan, "Exprim'")
    Le Cerveau de Voltaire, de Franck Nouchi (Flammarion)
    Le Condottière, de Georges Perec (Le Seuil, "La Librairie du XXIe siècle")
    Portrait de l'artiste en tueur, de Gilles D. Perez (Naïve, "Sombres Naïve")
    Rapaces, de Patrick Poivre d'Arvor (Le Cherche Midi, "Romans")
    Saigne pour moi, de Michael Robotham (Jean-Claude Lattès)
    Confession posthume, de Joëlle Rouault (Banc D'arquin, "Roman")
    Eaux-fortes, de Joëlle Rouault (Banc D'arquin, "Roman")
    L'Or de la mort, de Jean-Jacques Sandras (Yvelinédition, "Guy Marais")
    Des chiffres et des litres, de Rachid Santaki (Moisson rouge, "Le Syndicat")
    Jeux de traîtres, de Jon Stock (Fleuve noir, "Thriller")
    Les Voix du crépuscule, de Lisa Unger (Le Toucan)

    Poche :
    Opération Goliath, de David Alamercery (Pocket, "Thriller")
    L'Emblème du croisé, de James Lee Burke (Rivages, "Noir")
    La Marque du teur, de Chris Carter (Pocket, "Thriller")
    Les Pendules, d'Agatha Christie (Le Masque, "Agatha Christie")
    Vinci et l'ange brisé, de Didier Convard (LGF, "Thriller")
    Meurtre pour rédemption, de Karine Giébel (Pocket, "Policier")
    Paris la nuit, de Jérémie Guez (J'ai lu, "Policier")
    Morte la bête, de Lotte Hammer & Soren Hammer (Babel, "Noir")
    Je ne t'ai pas oublié, de Karen Harper (Harlequin, "Best-sellers")
    La Mort n'attend pas, de Peter James (Pocket, "Thriller")
    Les Mystères de Druon de Brévaux. 2, Lacrimae, de Andrea H. Japp (J'ai lu, "Roman historique")
    Jeux de vilains, de Jonathan Kellerman (Points, "Policiers")
    Le Mari, de Dean Ray Koontz (LGF, "Thriller")
    Mine de rien, de Hugo Miserey & Max Obione (Krakoen, "Noircitudes")
    Addiction au crime, de Nora Roberts (J'ai lu, "Roman")
    De fièvre et de sang, de Sire Cédric (Pocket, "Thriller")
    Irréparable, de Karin Slaughter (LGF, "Thriller")
    Hors d'haleine, de Jon Stock (Pocket, "Thriller")
    Liens : Opération Goliath |Meurtres pour rédemption |Paris la nuit |Denis Alamercery |Lawrence Block |James Lee Burke |Agatha Christie |Bernard Coat L. |Didier Convard |Serguei Dounovetz |Émile Gaboriau |Karine Giébel |Jérémie Guez |William Irish |Peter James |Andrea H. Japp |Jonathan Kellerman |Max Obione |Gilles D. Perez | Sire Cédric |Lisa Unger |Rachid Santaki

  • 17/10 Prix littéraire: Lauriers à Cognac

Le retour du grand-guignol au sens noble du terme ?

Dans leur ferme de l'horreur, les frères Salaville procèdent à des rituels sanglants... mais ils meurent dans un assaut mené par le commandant Vauvert et Eva, la profileuse albinos traumatisée par le meurtre de sa mère et sa sœur. Et pourtant, quelques mois plus tard, les crimes abominables reprennent. Et si les deux frères étaient aux ordres d'une tierce personne ? Un insaisissable fantôme masqué qui pourrait bien se prendre pour un(e) émule de la comtesse Bathory...
Le genre horrifique a bien changé ces dernières années, se débarrassant de ses atours fantastiques pour laisser des "hou-fais-moi-peur" (comme disait feu Michel Lebrun) bien rationnels, souvent à base de tueurs en série. En son temps, ce roman serait sorti aux Presses de la Cité entre deux Masterton et aurait fini en poche dans la légendaire et regrettée collection "Terreur"... Or maintenant que le fantastique ne fait plus peur aux éditeurs, que des Thilliez ou Lincoln Child l'invoquent sans rougir, va-t-on voir une nouvelle résurgence du genre pour le plus grand plaisir de ses aficionados (dont votre serviteur) ? Cet épais roman dénote avant tout des influences cinématographiques : le début évoque un survival genre La Colline a des yeux et ses milliers d'émules, le tueur masqué spectral fait très "giallo", on invoque des apparitions dignes d'un Ringu et le final, Lovecraftien en diable, est on ne peut plus visuel, rappelant l'assez mauvais Nuits de Terreur (en mieux, heureusement !). Ici, l'excès est omniprésent au point de se muer souvent en flamboyance baroque, et le sang coulant à flots se pare d'un esthétisme pervers que n'eût point renié Dario Argento, évitant tout soupçon de complaisance ; et si on retrouve une variante du détective à problèmes (profileuse, albinos, portant un secret bien enfoui...), le personnage est si bien dessiné par petites touches qu'on échappe au cliché. Ce qui force l'admiration et transforme ce catalogue en un véritable roman, c'est une extraordinaire science de la narration, avec une intrigue taillée au cordeau, sans temps mort, mais qui ne faiblit pas un seul instant tout au long de ces plus de quatre cents pages, aidée par des chapitres courts indispensables au genre. Résultat, un livre qui se dévore en apnée — enfin, à condition d'avoir le cœur bien accroché ! — et qui, plus encourageant encore, donne l'impression que Sire Cédric, jeune auteur, n'est pas encore au faîte de son art, et a largement de quoi aller tutoyer les plus grands. Bref, une découverte à qui il manque juste un coup de pouce pour se transformer en révélation... Les fans de Brigitte Aubert et Franck Thilliez qui tenteront l'aventure se trouveront certainement un nouvel auteur de chevet. Pas de doutes, la relève est assurée...

Récompenses :
Prix Polar 2010
Prix Cinécinéma Frisson 2011

Citation

Chez elle, la technique de profilage n'avait rien d'abstrait. Elle était douée d'un véritable talent d'empathie, ce qui était un atout de poids dans son métier. En contrepartie, un tel don, qui frôlait l'irrationnel, la vouait depuis toujours à l'incompréhension et la bile facile des types comme Devereaux.

Rédacteur: Thomas Bauduret samedi 19 juin 2010
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