Les Trois meurtres de William Drever

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Roman - Noir

Les Trois meurtres de William Drever

Social - Assassinat - Procédure MAJ vendredi 23 février 2024

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,6 €

John Wainwright
The Distaff Factor - 1982
Traduit de l'anglais par Clément Baude
Paris : 10-18, février 2024
312 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-08188-9
Coll. "Polar", 5905

Portraits d'un homme ordinaire

Le roman de John Wainwright s'ouvre sur la condamnation de William Drever, un comptable sans histoires, accusé d'avoir torturé et tué trois prostituées. À peine jugé, l'homme décide de ne pas faire appel. Sa femme, ses enfants, sa sœur et sa belle sœur, se retrouvent à la maison avec ce jugement. De plus, le patron de William Drever arrive pour signaler que le mari a également puisé dans la caisse, qu'il avait été coincé et que l'entreprise attendait la fin du procès pour ne pas l'enfoncer d'avantage. Il reste alors à la famille un an avant que la maison ne revienne à l'entreprise pour éponger les dettes. Nous allons suivre les façons de réagir des différents protagonistes. Même si William Drever semble avoir été incapable de commettre les actions criminelles décrites, le doute s'installe. Certains le défendent, d'autres le vouent aux gémonies. Le fils, inquietn voit quand même sa future belle-famille le soutenir. Arrive alors une femme, elle aussi prostituée, mais à la retraite et ravie d'avoir exercé ce métier. Elle avoue que William Drever lui avait des années plus tôt fait un enfant, qu'il était au courant de cette naissance et que cela le disculpe car la troisième victime est justement sa fille. En effet, aurait-il pu torturer, violer, tuer, sa propre fille ?

John Wainwright est un auteur surtout connu en France pour son roman À table paru à la "Série noire" et adapté au cordeau par Claude Miller sous le titre Garde à vue. Cette référence n'est pas pour faire le pédant mais bien pour montrer les liens entre les romans et les obsessions de l'auteur car ce qui intéresse John Wainwright n'est pas tant l'enquête que le développement psychologique des personnages, la façon dont la vérité ou le mensonge se cachent sous les paroles, sous les gestes, dans les sous-entendus. Profondément psychologique, le roman ausculte la façon dont les personnages vont faire avec les certitudes, les doutes, autour d'un homme qu'ils pensaient connaître, un homme qui ne sera qu'une ombre chinoise de l'histoire, mais en même temps une silhouettes creuse pour les membres de sa famille qui ont connu une facette différente, souvent honorable, d'un homme dont on ne saura rien (et même la venue de la prostituée pourrait être sujette à caution : est-ce vraiment la vérité qu'elle vient dire ?). Roman d'intérieur, basé sur les paroles, sur les petits riens d'un thé qui se boit, d'une porte qui grince, de débats moraux plus pensés qu'exprimés, Les Trois meurtres de William Drever ressemble aux "romans durs" de Georges Simenon (est-ce un hasard s'il est cité en exergue ?), ceux qui explorent la psyché et laissent le lecteur décider.

Citation

Hormis les yeux, tout avait été flou. Vague. Indistinct. Portait-il son costume marron ? Sa chemise blanche et la cravate marron assortie ? Ses cheveux étaient-ils bien peignés ou alors, comme si souvent par le passé, les avait-il laissé lâches, indifférents à son apparence ? Elle ne savait pas. Elle ne se rappelait pas.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 23 février 2024
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