L'Affaire du chien des Baskerville

Ses lèvres se retroussent de dégoût, mais il se force à bouffer le sang de Susan, le sang de Jeff, le sang de ce monde pourri et le sang lui envahit la bouche, inonde sa langue et son palais et relue au coin de ses lèvres, pour couler rouge sur son menton.
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Essai - Policier

L'Affaire du chien des Baskerville

Enquête littéraire MAJ mardi 25 novembre 2008

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 14,5 €

Pierre Bayard
Paris : Minuit, janvier 2008
166 p. ; 22 x 13.5 cm
ISBN 978-2-7073-2021-6
Coll. "Paradoxe"

Actualités

  • 08/08 Édition: Un journal inédit de Conan Doyle publié outre-Manche
    Sir Arthur Conan Doyle espéra un jour s'affranchir de son détective Sherlock Holmes en le précipitant dans les chutes du Reichenbach. Il faut savoir que l'auteur écossais adorait écrire des ouvrages historiques d'aventure, et qu'il se sentait à l'étroit dans la peau de l'écrivain - certes à succès - d'enquêtes holmésiennes flamboyantes. Ses lecteurs ne l'entendirent pas ainsi, et il dû reprendre la plume et la page des aventures de Holmes là où il l'avait laissée : dans les remous d'une chute. C'est ainsi que le détective fit son retour dans Le Chien des Baskerville, roman qui il y a quelques années suscita L'Affaire du chien des Baskerville, une controverse littéraire de Pierre Bayard, pour qui Conan Doyle fait tout pour que son détective se trompe.

    Récemment, les éditions Baker Street ont publié deux ouvrages qui relatent ou s'appuient sur Holmes et le docteur Bell (celui-là même qui inspira à l'écrivain son personnage), à savoir ceux d'Ely M. Liebow, L'Homme qui était Sherlock Holmes et 7 femmes contre Édimbourg.

    Mais il faut savoir que Conan Doyle lui-même fût médecin. Et qu'il eût la chance, alors étudiant en médecine de vingt ans, de se retrouver à bord du Hope, un baleinier en partance pour l'Arctique. Fidèle à une tradition séculaire, Conan Doyle tenait un journal de bord.

    C'est ce journal qui est aujourd'hui publié par la British Library en facsimilé (car il y a évidemment son écriture mais aussi des dessins). Le journal sera publié intégralement avec transcription. Y seront insérées des photos de l'expédition.

    C'est aussi peut-être pour le rendre moins indigeste qu'il sera accompagné de quatre nouvelles. Une d'entre elles d'ailleurs, mettra en scène Sherlock Holmes ("The Adventure of Black Peter"), les trois autres auront trait à l'Arctique et à l'expédition : "The Captain of the Pole-Star", "The Glamour of the Arctic" et "Life on a Greenland Whaler". Enfin, le tout sera bien encadré puisque, introduit par les biographes Jon Lellenberg et Daniel Starshower, le volume comprendra aussi un essai qui expliquera comment cette expérience de Conan Doyle influença son écriture.

    L'ouvrage, Dangerous Work: Diary of an Arctic Adventure sera disponible à partir du 26 septembre en Angleterre. Nous ne savons pas quelle maison d'édition le publiera en France.

    Plus de détails sur Bestofscherlock.
    Liens : Le Chien des Baskerville |L'Homme qui était Sherlock Holmes : une biographie du Dr Joe Bell |7 femmes contre Édimbourg |Arthur Conan Doyle |Pierre Bayard

Chronique

Pierre Bayard conclut ici sa trilogie anglaise en revisitant le roman de sir Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville. Inaugurée par Qui a tué Roger Ackroyd ? (d'après Le Meurtre de Roger Ackroyd, d'Agatha Christie) et Enquête sur Hamlet (d'après Hamlet de William Shakespeare - sic !), cette trilogie met en avant le conflit qui oppose les personnages de fiction à leurs créateurs.
Quand il écrit Le Chien des Baskerville, sir Arthur Conan Doyle est confronté à la colère de ses lecteurs qui n'ont pas supporté qu'il tue Sherlock Holmes dans les gouffres du Reichenbach dans la nouvelle Le Dernier Problème. Pierre Bayard mène avec rigueur son enquête littéraire pour démontrer à quel point le détective s'est (in)volontairement fourvoyé dans un roman dont il ne voulait pas être le héros. S'il est évident que Conan Doyle s'est reposé sur les talents de Holmes pour négliger des indices et des traces flagrantes, la thèse de Pierre Bayard, qui s'appuie sur le fait que les personnages de fiction ont une âme bien à eux et qu'ils échappent partiellement à leur créateur, souffre d'une lecture a posteriori. Cependant elle a l'avantage de souligner la suffisance de Holmes et ses négligences.
Les Holmésiens convaincus crieront au scandale mais la lecture jubilatoire de cet essai, qui remet en cause la conclusion d'un des plus grands romans policiers, sèmera le doute.
Pierre Bayard, inventeur génial de la critique policière, conduit par l'absurde une enquête qui le mène à proposer son coupable, Béryl, la sœur du coupable désigné par Holmes, tout en innocentant un chien et un collectionneur injustement disparu dans les marais de Dartmoor. Qu'importe qu'il ait raison ou non, le plaisir de lecture est là et le puzzle du Chien des Baskerville propose un nouveau motif qui laisse béat et interrogatif. C'est là qu'est caché le talent de Pierre Bayard.

Citation

Le second élément d'ouverture de la méthode Holmes tient à la confusion subtilement entretenue entre la loi scientifique et la généralité statistique.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 09 octobre 2008
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