Antiques trahisons

Il resta planté là à ne pas boire sa Guinness. Le boulot était pourtant simple : protéger les gens. Il n'avait pas su le faire. Il n'arrivait même pas à protéger les membres de son unité. Un mauvais flic. Mais bon, ils étaient tous de mauvais flics.
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Roman - Noir

Antiques trahisons

Historique - Vengeance - Guerre MAJ mardi 16 août 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 9,5 €

Gilles Vincent
Pau : Cairn, juin 2022
196 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 979-10-7006-086-5
Coll. "Du noir au Sud", 141

Riez amer

À Riez-la-Romaine, en juillet 2011, l'archéologue Daniel Daubagne a entrepris des fouilles consacrées au groupe épiscopal primitif de l'évêché. Cependant, c'est tout autre chose que des vieilles pierres qu'il découvre : un cadavre enfoui là depuis cinquante ans. Pour ne pas que la gendarmerie mette en suspens des fouilles déjà menacées par les tracasseries administratives, son équipe promet de garder le silence. Mais pour Daubagne, ce cadavre évoque une histoire que lui racontait sa mère... En 1944, alors que l'on venait de libérer la ville, la résistance traquait tous ceux soupçonnés de collaboration. Mais aussi Manon Rigaud, qui avait "fauté" avec Anton Riedel, un jeune soldat allemand. Ce qui l'attendait, lui, alors c'était une balle dans la tête, et pour elle les petites avanies. Ont-ils pu échapper à l'impitoyable Maxime Alberti, qui en avait fait une affaire personnelle ? Mais toute cette histoire a vraiment commencé en 471 après Jésus-Christ, à Reis la Romaine, lorsqu'après une défaite, Marcus Claudius avait été chargé de convoyer cinquante mille solidus d'or qui devaient financer la lutte contre Rome. Un convoi qui n'était jamais arrivé à destination...

Gilles Vincent fait partie de ces auteurs que l'on aime bien à k-libre, de ceux qui n'ont jamais les honneurs médiatiques, les grands éditeurs et leur force de frappe (en dépit d'un certain nombre de prix), mais qui bâtissent petit à petit leur œuvre loin des salons où l'on cause. On a dit tout le bien qu'il fallait penser de Ce pays qu'on assassine, son précédent roman chez Cairn (aussi un de ces éditeurs dits "petits" qui est dans notre peloton de tête vu sa constance dans la qualité). Là, l'auteur semble vouloir se reposer de toute sa noirceur habituelle avec un roman court, bien senti et, en dépit de son intrigue sur trois époques, relativement simple. Ce qui est loin d'être un reproche vu les pavetons alambiqués que l'on nous impose. De plus, la Seconde Guerre mondiale est vue selon un angle inhabituel, celui de l'épuration (et faire d'un résistant un relatif "méchant" est certainement plus pour les besoins de l'intrigue que pour une quelconque volonté révisionniste...), ce qui change un peu (on pense cependant à François Médéline et La Sacrifiée du Vercors). Tout n'est pas parfait, la fin introduit un élément intéressant que l'on eût souhaité plus développé (en dire plus serait déflorer), mais ce roman mineur et moins ambitieux fait peut-être figure de récréation pour l'auteur, et inutile de dire qu'un roman de Gilles Vincent "mineur" vaut bien des romans "majeurs" de certaines starlettes médiatiques...

Citation

Maxime Alberti songe à ceux, poings liés et regards rivés au sol, qui attendent leur jugement. L'un après l'autre, face au tribunal du peuple, ils manieront le mensonge et l'excuse. L'un après l'autre, ils se revêtiront de l'habit du sous-fifre, du subalterne, du pauvre type qui n'a fait qu'obéir aux ordres. L'un après l'autre, ils écouteront les sentences, verront leurs pauvres existences basculer une bonne fois pour toutes. Avant midi, on entendra claquer les salves des pelotons de volontaires tandis qu'à l'ombre des caves, ceux qui ont su sauver leur peau goûteront leurs premières heures d'indignité nationale.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 16 août 2022
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