Charles Manson et l'assassinat de Sharon Tate

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Essai - Policier

Charles Manson et l'assassinat de Sharon Tate

Assassinat - Faits divers - Secte MAJ vendredi 19 février 2021

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Éric Yung
Paris : Archipel, juin 2019
292 p. ; illustrations en noir & blanc ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-8098-2658-6
Coll. "Essais, documents"

Le Re-re-re-retour d'Helter Skelter

Plus de cinquante ans après les meurtres, qui ne sait pratiquement tout ce qu'il y a à savoir sur l'assassinat de l'actrice Sharon Tate et ses amis, un soir d'août 1969 par une poignée de hippies sanguinaires téléguidés par leur gourou Charles Manson ? Des forêts entières ont été abattues pour raconter cette histoire, et quantité de films et reportages y ont été consacrés, jusqu'à l'uchronique et lumineux Once Upon a Time... In Hollywood de Quentin Tarantino il y a peu. Qu'y aurait-il de nouveau à raconter sur l'affaire qui ensanglanta Hollywood et fit d'un délinquant multirécidiviste et charismatique une figure culte de l'underground ? Eh bien rien, et c'est bien là que le livre d'Éric Yung achoppe. Manson et une partie de ses disciples criminels morts et enterrés, cette triste histoire d'emprise et de folie meurtrière s'inscrit désormais simplement dans la longue fresque du crime américain qui ne semble jamais manquer de nouvelles ignominies. S'appuyant majoritairement sur les souvenirs du procureur Vincent Bugliosi, Éric Yung retrace une enquête bâclée, des services de police désorganisés incapables d'exploiter des indices retrouvés sur le lieu des crimes (car à l'affaire Tate s'ajoute les meurtres du couple LaBianca et d'autres exactions de la "Famille" Manson) ou simplement de croire qu'une bande de hippies puisse commettre ce genre de choses. Il évoque les errements d'une presse qui vît dans la mort de la jeune actrice la conséquence de sa vie "libre", même si, enceinte de Roman Polanski, Sharon Tate avait renoncé à la drogue depuis des mois. Il se penche aussi, et c'est la partie la plus intéressante de son étude, sur quelques seconds couteaux parmi les adeptes de Charles Manson, pour mieux analyser les ressorts de fonctionnements d'un homme qui, toute sa vie, n'a fait que commettre crimes, vols et exploitation d'autrui. Hélas, ces points de vue intéressants sont gâchés par une écriture qui oscille sans cesse entre le reportage détaillé et des excès sensationnalistes dans la veine du true crime qui tentent, en vain, de donner une aura de mystère et de frisson à des faits mineurs (la palme ici revenant sans doute à la fumeuse prémonition de Michèle Morgan, ancienne propriétaire de la maison où ont eu lieu les meurtres, qui aurait déclaré avoir senti que les lieux étaient "hantés par le futur"). Souvent risibles, ces effets de style inutile nuisent au sérieux de l'entreprise, d'autant qu'ils se doublent de citations hasardeuses, de notes en bas de page totalement superflues sur la géographie américaine, de coquilles hallucinantes (Manson ayant été, selon Éric Yung hospitalisé en urgence six mois après la date de sa mort, donnée deux lignes plus loin), et du télescopage de passages en langage soutenu et d'expressions argotiques saugrenues. À réserver à ceux (s'il en reste) qui n'auraient absolument jamais entendu parler de Charles Manson ou qui penseraient qu'il s'agit d'un chanteur de métal, cet essai est une occasion manquée d'écrire enfin l'étude définitive sur cette affaire et sur la manière dont elle transformera durablement la conscience qu'avait l'Amérique de ses propres enfants.

Citation

Selon le sergent Buckles, les mobiles des meurtres sont différents. Pour lui, les assassinats de Sharon Tate et ses amis s'expliquent simplement : c'est une vilaine histoire de trafic de drogue. Pour les LaBianca, Jesse Buckles est persuadé qu'ils ont été exécutés pour une sombre embrouille concernant une dette de jeux.

Rédacteur: Jean-François Micard vendredi 19 février 2021
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