La Caverne vide

Bagayoko me jaugeait d'un air fat depuis son bureau immense et nu. J'avais oublié de préciser qu'il fuyait le travail comme la peste, déléguant tout ce qu'il pouvait à ses subordonnés pour s'adonner à son vice : le poker sur Internet.
Laurent Guillaume - Black cocaïne
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Frontière
Depuis les années 1970, l'Amérique mène la guerre contre la drogue. Elle l'a perdue et elle le sa...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 17 novembre

Contenu

Roman - Noir

La Caverne vide

Politique - Anticipation - Social MAJ mardi 03 septembre 2019

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,9 €

Dimana Trankova
Postface de Marie Vrinat
Traduit du bulgare par Marie Vrinat
Paris : Intervalles, juin 2019
536 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-36956-077-7

Le retour de 1984 en 2019

La Bulgarie est devenue un État totalitaire, utilisant les ressources modernes pour asseoir sa dictature, et assez à l'écart des grandes puissances pour que personne ne s'occupe trop d'elle. S'appuyant sur une puce que doit posséder chaque citoyen, sur une novlangue maitrisée, sur un contrôle de l'Internet et sur une police politique secrète qui peut condamner aux travaux forcés les opposants, leur confisquer leurs enfants pour les mettre dans des orphelinats d'État et et disposant de nombreux agents dormants, la nouvelle dictature joue sur la peur de l'étranger, responsable de tous les maux possibles (y compris des tremblements de terre) et sur une volonté de reconstruire le pays comme berceau de l'Humanité, notamment grâce à la caverne vide du titre qui présente les premiers vestiges cultuels et culturels de l'homme préhistorique. Mais il existe une résistance : se servant d'une sorte de dark web qui permet de transmettre des informations, quelques résistants tentent de conserver une once de liberté, malgré les risques encourus. Parmi eux, Maya, une archéologue qui avait déjà sévi dans le premier volet de cette histoire, pré-dictature, dans Le Sourire du chien. Pourtant, c'est difficile car elle est surveillée par son supérieur, au Ministère du tourisme, où elle doit animer le site du pays. Pour s'assurer sa fidélité, sa fille est dans un orphelinat. John, un journaliste français (qui enquêta dans le pays et a été l'amant de Maya), vient pour apprendre des choses sur cette dictature. En même temps, il compte retrouver ses amis laissés de côté ces dernières années. À peine a-t-il débarqué chez Maya qu'il découvre qu'elle a une fille et, en faisant les comptes, il comprend qu'il pourrait être le père. Mais Maya, entre ses activités secrètes et la politique le chasse. Tandis que le journaliste fait le tour du pays, encadré par la "police" touristique, et prend contact avec la résistance qui lui fournit une fausse puce qui va lui permettre de "visiter" les camps de travail et l'orphelinat où se trouve sa fille putative, la vie quotidienne entre peur et espoir des habitants non encore anesthésiés est décrite par l'auteure.
Le premier volet montrait la fin d'une démocratie, à travers l'œil d'un journaliste extérieur qui enquêtait et se liait avec des gens du peuple. Dans ce deuxième volet, plus amer, la dictature semble avoir été acceptée en quelques années, peut-être par nostalgie de l'époque communiste, et nous suivons les personnages dans ce pays totalitaire où il existe tout de même de nombreuses failles. La caverne qui donne son titre au livre n'est qu'un passage léger et l'on comprend vite qu'il s'agit d'une ruse du système. La résistance profite de légèretés dans la dictature que l'on saisit mal, et l'ensemble se veut plus un voyage à l'intérieur du système entre modernisme et archaïsme, que dans une intrigue forte. Difficile de s'accrocher aux personnages qui sont comme englués dans le système totalitaire qui appesantit tout y compris les aventures. Description d'un univers totalitaire, de facture très (trop ?) classique, La Caverne vide peine à trouver ses marques hors ce cadre pamphlétaire.

Citation

Lorsqu'il était rentré au poste, il avait rapporté que le système avait émis un signal erroné, qu'il n'y avait pas de fuyard, et le commandant avait rendu compte à la direction de la liquidation d'un transgresseur car, lui avait-il expliqué avec un clin d'œil, ce genre de succès était bon pour l'image qu'offrait le poste frontière.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 03 septembre 2019
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page