Le Sourire du chien

Depuis cinq ans qu'il exerçait sous sa direction, il avait appris à apprécier l'homme et son attitude paternaliste. Une étrangeté dans le monde de la police.
Bernard Méhaut - Embruns toxiques
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 18 septembre

Contenu

Roman - Policier

Le Sourire du chien

Politique - Tueur en série - Ésotérique MAJ lundi 21 août 2017

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,9 €

Dimana Trankova
Traduit du bulgare par Marie Vrinat
Paris : Intervalles, mai 2017
592 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-36956-054-8

Mythe et réalité

Le nom même de chien peut renvoyer à de nombreuses significations : un animal, une injure, voire une constellation stellaire, parfois nommée aussi Sirius dans nos contrées. C'est justement cette constellation qui pourrait interpeler certains des protagonistes de ce premier roman de Dimana Trankova. En effet, la Bulgarie se rêve éternelle et grande nation. Aussi se réfère-t-elle à des ancêtres mythiques qui auraient honoré la constellation de Sirius et aurait bâti des monuments afin de suivre ses processions. Des restes de ces sites thraces attestant l'ancienneté de la civilisation bulgare. Il en reste encore quelques uns, mais qui se souvient d'eux à part peut-être des savants comme Mircea Eliade ou Émile Cioran ? Toujours est-il que dans ce roman contemporain de l'après-communiste des nostalgiques et des idéologues d'extrême-droite tentent de s'en servir pour rappeler la grandeur passée de leur nation. Du coup, les sites sont surveillés, à la fois pour éviter toute détérioration et pour empêcher les groupes extrémistes de les investir. Lorsque l'on découvre un cadavre torturé et tué de manière rituelle dans l'une de ces sites, les gens commencent à s'inquiéter et a jaser. John, journaliste américain, est officiellement en voyage de noces en Bulgarie. Cela pourrait paraître étrange si dans les faits il ne venait de se marier à une belle bulgare et qu'il visitait sa belle-famille. Mais dans cette Bulgarie qui sort du communisme, qui reste profondément corrompue, et qui oscille encore entre démocrates à l'occidentale et démocrates musclés, il est parfois difficile de juste savourer les paysages et les musées. Aussi quand un deuxième cadavre est découvert dans des conditions quasi similaires au premier, John décide de mener l'enquête et de publier un bel article qui aura le mérite de rembourser le voyage de noces, l'argent faisant fi des sentiments. Il se met en contact avec Maya, une jeune femme elle aussi journaliste, mais locale et qui a surtout effectué des études en archéologie ce qui pourra aider. Le roman nous apprend qu'être journaliste en Bulgarie, c'est être pris entre le marteau de la répression gouvernementale et l'enclume du libéralisme qui rachète les journaux pour le compte des grands oligarches. Plus l'enquête avance, plus elle sera l'occasion pour John de se rapprocher de Maya, de se poser des questions sur sa nouvelle vie de couple, au gré des balades dans le pays, à la recherche d'indices historiques et criminels.
Dimana Trankova, l'auteur du Sourire du chien, exerce elle-même sous la double casquette de journaliste et d'archéologue. Du coup, elle sème son texte de remarques sur l'histoire, la politique, sur les liens entre la nouvelle démocratie et les éléments de l'ancien régime, et sur la main-mise des groupes criminels. Si l'enquête se tourne vers une sorte de tueur en série qui entend reconstruire un rite ancestral imaginaire, le roman est aussi l'occasion de présenter les différentes forces qui s'opposent pour contrôler les soubresauts de la vie bulgare. Derrière cette ligne de force, qui mélange correctement les moments d'action et les pauses explicatives, il existe également une histoire d'amour car John est partagé entre sa jeune épouse et la femme qu'il vient de rencontrer. Mais le traitement fait par Dimana Trankova est assez subtil et évite les clichés pour nous présenter la complexité d'un pays trop méconnu et peu représenté dans nos médias. Dépaysement assuré !

Citation

Ils naissent victimes, vivent en victimes, meurent en victimes et demeurent des victimes même lorsqu'ils essaient des ruses faciles. Tu n'as pas d'autre solution que les écraser. en y prenant plaisir.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 21 août 2017
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page