J'ai tué le fils du chef. Affaire Grégory, le roman de la Vologne. 1984-2018

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Essai - Policier

J'ai tué le fils du chef. Affaire Grégory, le roman de la Vologne. 1984-2018

Assassinat - Faits divers MAJ lundi 12 mars 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Denis Robert
Préface d'Isabelle Solal
Paris : Hugo Doc, février 2018
424 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-7556-3640-6

Toujours Grégory

Alors que l'Affaire Grégory a été relancée par les nouvelles mises en examen de trois membres de la famille, Denis Robert revient sur l'historique de la plus grande affaire criminelle du XXe siècle encore sans explication prouvée. Contrairement à Patricia Tourancheau, autre journaliste qui vient de sortir un livre-bilan (Grégory. La Machination infernale) écrit en live en 2017 après les trois arrestations, celui de Denis Robert reprend chronologiquement ses articles qui parurent dans Libération tout au long de l'affaire de 1984 à 1995. Il y faisait alors ses premières armes avant, beaucoup plus tard, de défrayer plusieurs fois la chronique avec les lièvres d'importance qu'il a soulevés comme l'Affaire Clearstream, par exemple. On retrouvera donc, dans tous ces articles, au cœur de cette région et au cœur de ses habitants, une empathie forte, un regard, ainsi que moult détails et portraits, comme par exemple, l'interview de la fleuriste qui fait des affaires avec toutes les roses qu'envoient les journalistes pour amadouer les témoins, ou le récit de l'arrivée de Marguerite Duras jouant la pythie et embobinant le juge Lambert transi d'admiration.
Comme dans la relation des procès, Denis Robert, à travers ses articles, a bien saisi la lutte épouvantable qu'il y a eu entre les gendarmes et les policiers pour mener l'enquête par l'entremise de personnes d'influence (journalistes, avocats) qui jouaient les manipulateurs de marionnettes. De grandes photos de presse parsèment l'ouvrage indispensable à ceux qui veulent tout reprendre depuis le début. Hélas, comme dans le livre de Patricia Tourancheau pas le moindre arbre généalogique même simplifié pour bien ancrer les relations familiales dans l'esprit du lecteur.
Les vingt-cinq pages finales (sur quatre cent vingt-cinq) sont consacrées, à partir du 12 décembre 2017, au dernier coup de théâtre avec, visiblement, une répugnance à replonger dans ce bain maudit. Denis Robert y fait un bilan introspectif sur cette terrible expérience qui l'a marqué, comme tous les intervenants. Il dresse l'historique du logiciel américain acheté par les Français puis baptisé AnaCrim, logiciel à l'origine de la relance de l'enquête grâce à son système de mise en relation des milliers de données. Il s'attache aussi au suicide du juge Lambert qui, par delà les années, reste ainsi fidèle à ses convictions. Mais contrairement à Patricia Tourancheau, Denis Robert se garde bien d'être affirmatif sur les culpabilités.

Citation

La vallée de la Vologne est toujours aussi animée, mais ses habitants beaucoup plus agressifs. Les premiers pèlerins commencent à défiler devant les tombes de Laroche et de Grégory. Certains brûlent des cierges, d'autres vont jeter des sous dans la Vologne. Les organisateurs d'excursion font le crochet.

Rédacteur: Michel Amelin lundi 12 mars 2018
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