Un temps de chien !

Diffusément, il commençait à sentir que son chemin d'humanitaire ne s'arrêterait pas là. Que la logique, maintenant, c'était de repartir, rester dans sa zone de confort, pour ce qu'il savait, à vingt-six ans, faire de mieux. Que nulle part à Paris, il ne retrouverait le sens, l'adrénaline, le challenge, l'aventure. Que rien ne l'y retenait.
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mardi 17 septembre

Contenu

Roman - Policier

Un temps de chien !

Braquage/Cambriolage - Assassinat - Gang - Urbain MAJ lundi 04 avril 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Pascal Jahouel
Paris : Lajouanie, août 2015
236 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-37047-061-4

Made in Normandie

Le lieutenant Lejeune (Bertrand-Hilaire de son prénom... je vous laisse vous amuser avec les initiales) arpente les rues de Rouen nippé en mamie. C'est pas qu'il a des goûts bizarres en matière de sexe le flicard, pas vraiment du genre à avoir envie de se faire décoincer l'oigne contre un déambulateur par un vioque bourré de viagra ou un jeunot porté sur le quatrième âge, non, c'est surtout qu'il est en mission. Une bande de loquedus agresse les vieilles pour leur tirer le sac à main. Lejeune a tôt fait d'alpaguer Jorge, un lycéen dont les grands-parents étaient : a) Suisses allemands ; b) Portugais. (Rayez la mention inutile directement sur votre écran avec un feutre noir indélébile). Comme il a le cœur sur la pogne et que son supérieur, le commissaire Chassevent, le rappelle au bercail, BHL laisse le môme calter en lui faisant promettre de laisser les mémères se balader tranquillos dans la capitale normande. Une fois rentré, notre héros repart, le dirluche l'ayant mandaté pour une visite chez un Roumain, ancien handballeur professionnel reconverti en gardien de gymnase, qui a trouvé la mort at home asphyxié au monoxyde de carbonne. A priori, ce pauvre Tudor Lupu est la victime d'un accident, d'une négligence. Sauf que pour un gardien de gymnase, il affiche un compte en banque créditeur d'un chiffre avec six zéros au cul (ça fait rêver !). Et que dans la foulée, un autre natif des Carpates, Laslo Rotaru, proxénète de son état, est retrouvé mort itou. Enfin lui, c'est à cause d'une bastos qu'on lui a glissé dans le cigare...
Qui dit polar, langage fleuri avec engrais argotique, personnages truculents, scènes de cul, scènes de crimes, bonne culture générale, intrigue qui passe (temporairement) au second plan pour laisser la vedette au style (enjoué), plaisir d'écrire, plaisir des mots, démarche généreuse de l'auteur qui ne cherche qu'à emmener le lecteur vers le bonheur de lire, dit forcément et immédiatement "Coucou San-Antonio !". Et comme je suis fan de la créature/création de Frédéric Dard, autant vous dire que ça m'a sauté aux yeux comme saute un bouton de culotte quand une dame à forte poitrine et sans soutien-gorge se penche sur une braguette afin d'initier le propriétaire de celle-ci à une spécialité espagnole qui n'est pas mentionnée dans le Guide du routard. Je ne sais pas si Pascal Jahouel revendique la filiation avec le natif de Jallieu (devenu Bourgoin-Jallieu, Isère... merci Wikipédia) et pour tout dire je m'en tamponne le coquillard (Marion de son prénom). Car Pascal Jahouel existe par lui-même et c'est tant mieux. Pas de plagiat. Il a son propre univers, son propre style (argot classique mais aussi patois normando-picard... pardon, j'oubliais que la Picardie n'est plus... argot classique mais aussi patois normando-hauts-de-français... hum ! Comme ça sonne bien !), son propre héros, personnage sympathique certes, mais qui n'est pas le "fils de" l'autre, de la "créature" que j'ai évoquée un peu avant, tête de lard au grand cœur, courageux quand il le faut, qui suit plus volontiers son instinct et son libre arbitre que le règlement bête, méchant et sans humanité de sa fonction. Cela dit ça reste un flic prêt à tout pour mener à bon terme l'enquête dont il a la charge. Bref, de quoi passer un bon moment. À consommer sans modération !

Citation

Dis-moi, Princesse, serait-ce faire outrage à votre sagacité, à toi et à Chassevent, que de prôner la prudence sur une éventuelle accointance entre mon Roumanophone, à moi, et le vôtre ? Car, soi-dit en passant, le mien est mort par absorption, plus ou moins volontaire je te l'accorde, de monoxyde de carbone, or le vôtre a d'avantage froidement morflé du plomb dans la gueule. D'où mon interrogation.

Rédacteur: François Legay lundi 04 avril 2016
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