Les Lutins urbains. 1, L'Attaque du Pizz'Raptor

Krusberg fit un sourire en coin. Bientôt trois semaines, se dit-il, un tas de gens sur l'affaire, tout ça pour une sale pute. Alors que d'honnêtes citoyens ne pouvaient même pas se promener dans la rue en sécurité.
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Roman - Policier

Les Lutins urbains. 1, L'Attaque du Pizz'Raptor

Fantastique - Anticipation - Braquage/Cambriolage - Gastronomie MAJ dimanche 05 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

À partir de 8 ans

Prix: 8,5 €

Renaud Marhic
Rennes : P'tit Louis, octobre 2013
140 p. ; illustrations en noir & blanc ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-914721-80-6
Coll. "Romans Jeunesse"

Avec ou sans chapeau pointu

Gustave est nouveau dans son commissariat AdiNike (oui oui, nous sommes dans le futur et comme vous ne tarderez pas à vous en rendre compte, la plupart des structures de services publics sont subventionnées par des marques ou des noms bien connus... attendez un peu d'entendre la sirène des pompiers qu'a imaginée le producteur de Lady Gaga !). Il a à cœur de venir en aide à ses concitoyens, et c'est pourquoi il se lance avec beaucoup de sérieux dans la traque d'un criminel qui a déjà attaqué et dévalisé cent trente-trois livreurs de pizzas ! Pourtant, le jour où il parvient enfin à le prendre sur le fait, rien ne fonctionne comme il l'avait pensé, et il ne peut l'interpeller. Pire : de retour au commissariat, son supérieur et Pticop (le benjamin des policiers) l'enjoignent de ne rien dire et d'oublier ce qu'il a vu (enfin qui pourrait bien prêter foi à ses propos évoquant une créature en pyjama peau de pêche vert, une enclume tombée du ciel ; même vous vous souriez, alors imaginez !). mais Gustave est têtu et il n'entend pas laisser derrière les barreaux le pauvre bougre appréhendé à la place de son coupable. Le voilà parti sur les traces du redouté Professeur B. (comme "Bêtises" ? "Baliverne" ? "Baratin" ?...)
Vous l'aurez compris, ce roman jeunesse est une véritable mine de sourires, de jeux de mots, de répliques drôles et intelligentes et de réflexions sur... Eh bien, sur le pouvoir de l'imagination ! Gustave l'apprend en effet à ses dépens : dans son monde, tout ce qui peut être imaginé et exprimé à voix haute existe. Son supérieur l'avait prévenu, mais il lui faut rencontrer la Souris-verte-à-pois-bleus-qui-roule-en-quad (sa propre création dans un moment de naïf égarement !) pour en être convaincu. Vous imaginez ? Une souris-verte-à-pois-bleus-qui-roule-en-quad ? Et ce n'est que l'une des choses incroyables que Gustave va finalement croire après les avoir vues. Plein de courage (ou de naïveté ? Ou d'insouciance ? Ou d'inconscience ?...), le jeune policier décide de faire ce pour quoi il est entré dans la police : attraper les vrais coupables. Un objectif sain et admirable, mais finalement bien moins simple que prévu ; comment maitriser sa propre inventivité pour ne pas se créer soi-même ses ennemis ? Comment empêcher ses concitoyens de peupler leur monde de ces drôles de bestioles incontrôlables une fois nées ? Mais comme une pièce a deux faces, les inconvénients de cette imagination galopante peuvent aussi être l'un des meilleurs atouts de Gustave. S'en rendra-t-il compte à temps et aura-t-il le talent de se servir de cet atout ? Seule la lecture de ce premier tome des Lutins urbains vous le dira !
Renaud Marhic s'est visiblement bien amusé à créer ses personnages et son univers onirique, et le lecteur s'amuse tout autant à le suivre dans ses déambulations "imaginatoires" (il invente des mots et des concepts, alors nous aussi, na !). Résultats : on rit, on rit et on rit encore, et on fait marcher à plein tube nos neurones. On s'attache aux gnominidés au sale caractère mais finalement assez sympathiques, on découvre que le lait de licorne est très utile pour reprendre ses esprits après un évanouissement, que les sacs à malices existent bien (mais peuvent être redoutables), que l'étroitesse d'esprit des humains les rend sots... Bref, vous allez adorer découvrir l'univers des lutins urbains, vous en faire des amis et enfin apprécier à sa juste valeur toute l'étendue de votre inventivité ! Qui eut cru que la traque d'un voleur de pizzas nous mènerait là – mise à par votre imagination ?
Avertissement : "en général, les enfants perdent leur don de 'vision imaginaire' après avoir fêté leur treizième anniversaire". Il ne vous reste plus qu'à imaginer que vous ne les avez pas encore, la lecture de ce roman n'en sera que plus appréciable !

Citation

Tu comprendras ça quand tu s'ras p'tit.

Rédacteur: Catherine Thiéry samedi 04 avril 2015
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