Malefica. 2, La Voie royale

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Roman - Thriller

Malefica. 2, La Voie royale

Historique - Ésotérique - Vengeance MAJ jeudi 30 octobre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,95 €

Hervé Gagnon
Paris : Hugo, octobre 2014
420 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7556-1707-8

De l'alcool et du sexe

On ne dira jamais assez tout le bien qu'Alexandre Dumas a fait à la littérature française. Après les mousquetaires, c'est au tour de monsieur de Treville de devenir l'un des personnages centraux de ce roman. Conformément aux stéréotypes, ce capitaine sera pris entre deux loyautés contradictoires : son amour du Roi et ses obligations envers le cardinal de Richelieu, qui apparaît peu mais reste le premier ministre retors tel qu'il a été décrit. Le premier volet de l'aventure restait centré sur un petit village et une famille de sorcières, possédant un lourd secret risquant de déstabiliser la monarchie et la papauté. Ce deuxième récit raconte le long voyage périlleux entre la province et Paris pour aller récupérer des documents qui peuvent prouver cette menace. Deux jeunes femmes aidées par un ancien soldat se trouvent ainsi sur les routes, poursuivis par les mousquetaires du Roi, par un inquisiteur fou, son curé pervers et son bourreau (qui, s'il survit, se destine à une carrière de tueur en série, de la plus belle facture) et tombent sur une bande de brigands acoquinée à un moine paillard et défroqué !
Le XVIIe siècle décrit par Hervé Gagnon est haut en couleur. Surtout axé sur la campagne, le texte fait la part belle aux sales trognes, aux éclopés, aux malades, contrefaits. La chair y est omniprésente sous toute ses formes car on y boit et on y baise dans la joie ou dans la violence, et l'on essaie de trouver de maigres raisons d'espérer au milieu des vicissitudes de la vie. Tandis que les "gentils" y puisent du réconfort, les "méchants" y voient l'occasion d'assouvir leurs pulsions et souvent Éros n'est pas loin de Thanatos, à l' exemple du bourreau qui s'endort avec des femmes vivantes et se réveille avec des cadavres. Le tout se déroule dans les décors adéquats : ruines de monastères, villages bourbeux, auberges sordides, forêts profondes où surgissent des loups hurlants, qu'ils soient animaux ou humains.
Le récit ne joue pas sur les grands espaces : chacun des protagonistes ne peut faire que quelques lieues avant d'être rattrapé par les autres, et l'ambiance tendue est de mise sur l'ensemble du roman, y compris dans un final où (ultime hommage à Alexandre Dumas) l'on découvrira le Roi et Richelieu, ainsi que le masque de fer. Malefica joue la carte au trésor du secret qui défie les siècles et qu'il faut retrouver grâce à quelques indices et une lignée qui se le transmet sans trop bien en comprendre le sens, le tout dans une abondance de scènes qui manient, avec force, les joies de l'amour, le sens de la grandeur et de l'honneur, et des intermèdes de bestialité et de chairs décomposées. En résumé, on se trouve en présence d'un très honnête page turner qui remplit parfaitement sa fonction. À savoir : divertir agréablement le lecteur.

Citation

Le brigand retira calmement l'arme de la nuque du moine, examina la lame ensanglantée, l'essuya avec la manche du mort, puis il fixa Anneline et François.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 22 octobre 2014
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