Le Bout de l'horreur

J'ai songé un peu solennellement qu'un grand pouvoir impliquait de grandes resonsabilités, puis je me suis dit que cette phrase me rappelait quelque chose et que j'avais déjà assez de problèmes comme ça pour qu'on ne m'accuse pas en plus de plagiat.
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Roman -

Le Bout de l'horreur

Fantastique - Tueur à gages MAJ jeudi 02 mai 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,5 €

Gilles Morris-Dumoulin
Bruxelles : Genèse, février 2013
174 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-930585-17-8

Nostalgie de l'Underwood

Dans Du polar : entretiens avec Philippe Blanchet, livre qui vient de sortir, François Guérif évoque les auteurs qui furent le vivier des collections policières dans les années 1950-1980, et qui créèrent l'acculturation policière du public français par les titres que l'on pouvait trouver partout. Parmi ces auteurs, sous divers pseudonymes, il y a Gilles Morris qui en 1993, avec Le Forçat de l'Underwood, avait offert une bien tendre autobiographie. Le voici de retour aux éditions Genèse pour Le Bout de l'horreur.

Il met en scène une équipe constituée autour du professeur Rémy Cauvin, décalque évident du professeur Chauvin qui doit également rappeler quelques souvenirs aux cheveux blancs qui lisent cette chronique - et peut-être d'autres car après tout il n'est décédé qu'en 2009. Ce personnage, sa fille et un professeur d'arts martiaux sont doués d'un rapport privilégié avec la nature et capables de voir ou de sentir des choses que le commun des mortels ne voient pas. D'ailleurs, c'est cette capacité, proche de la Force des maîtres Jedi, qui est mise en avant pour lancer l'intrigue. Dans un petit village tranquille, au plein milieu de la nuit, un bûcheron décide d'aller couper un arbre - quelle idée saugrenue ! -, et meurt le crâne fracassé par l'arbre en un simulacre de juste retour des choses. L'occasion pour Rémy Cauvin d'aller voir et de découvrir que cet arbre abattu cache bien d'autres choses car la même nuit, un enfant a mystérieusement disparu...

Ce retour du professeur et de son créateur sonnent de manière étrange et intemporel car le récit se situe dans une campagne immuable, avec des gendarmes, une place de village, un hôtel et un hôpital pour personnalités qui se trouve là pour le calme de ses patients. Gilles Morris nous propose alors une longue balade un peu mélancolique dans les collines pour observer le ciel et la nature. Puis son récit bascule avec des tueurs à gages un peu idiots, un savant fou échappé des films de la Hammer, une visite en déguisement dans les laboratoires du Mal où trainent des zombis - et visiblement ce n'est pas la première fois que le gentil professeur et le méchant scientifique frappadingue, nazi de la plus belle eau s'opposent.

Si l'on ne s'était pas assuré que le roman date de 2013, au vu du nom de l'auteur, de l'intrigue qui rappelle les grands moments des "Spécial-Police" et autres "Angoisse", et des éléments de l'intrigue, l'on pourrait penser à une réédition ou la sortie d'un ouvrage longtemps gardé au chaud dans un tiroir. Mais après tout, n'est pas amateur qui veut et, parfois, comme pour les maitres de la bande dessinée belge comme Macherot, Franquin ou même récemment Rob-Vel on les ressort en intégrale pour célébrer leur fraicheur encore intacte et leur haut pouvoir de nostalgie sur les lecteurs bercés à la vue des couvertures de Gourdon. De ce point de vue, Le Bout de l'horreur fonctionne comme une machine bien rodée, comme les feuilles échappées de ces bonnes vieilles machines à écrire Underwood, comme une bouffée d'innocence, comme le plaisir de revoir un film avec Jean Gabin en noir et blanc au milieu de ces blockbusters sans âme qui noient nos yeux.

Citation

Qui veut faire avancer la science doit s'affranchir une fois pour toutes des limites étroites de ce qu'on appelle l'éthique.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 01 mai 2013
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