Douze de trop

Sharko n'avait rien connu d'autre que le 36. Ses cent quarante-huit marches usées jusqu'à la corde, ses odeurs de vieux bois et de tabac, ses mansardes agonisantes, ses bureaux exigus, son séchoir où l'on entreposait parfois les vêtements faisandés des cadavres, juste sous les toits en zinc. On atteignait peut-être les quarante degrés sous les combles, mais c'était chez lui.
Franck Thilliez - Sharko
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dimanche 22 juillet

Contenu

Roman - Thriller

Douze de trop

Énigme - Assassinat MAJ mardi 04 septembre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,65 €

Colleen McCullough
Too Many Murders - 2009
Traduit de l'anglais (Australie) par Jean-Paul Martin
Paris : Archipoche, juillet 2012
400 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-35287-318-1
Coll. "Archipoche"

Sanguin mais pas nerveux

Dans les années 1960, dans une petite ville universitaire américaine, la vie s'écoule calmement, et l'on pourrait se concentrer uniquement sur les petits soucis ménagers et les coucheries diverses et variées. Le chef de la police n'aurait qu'à gérer les susceptibilités de ses adjoints pour savoir qui deviendra son officier... Mais cette petite vie monotone explose en une seule nuit quand la police se retrouve débordée avec douze meurtres, de nature et de facture différente. Coïncidences ? Plan organisé ? Onze crimes pour masquer le véritable crime à l'instar de A.B.C. contre Poirot d'Agatha Christie ?

L'intrigue évolue entre les différentes recherches - rendues plus compliquées par l'intervention du FBI car l'une des victimes est un patron d'industries importantes pour la Défense -, et les habituelles fausses pistes que cela soulève associé aux multiples problèmes sentimentaux que l'on retrouve au sein des forces de police dans ce monde presque antique que sont les années 1960 : début du féminisme, pressions de la guerre froide, premiers travaux liés à l'électronique. La résolution de l'énigme (et surtout la chute finale) réserve une surprise intelligente qui laisse découvrir un intérêt à un roman qui se laisse lire sans peine mais qui ne nous fait pas véritablement palpiter. On sent le travail d'écrivain chevronné avec une construction élaborée mais on a un peu de mal à suivre le plan machiavélique qui se cache derrière d'autant plus que les personnages n'acquièrent pas une grande consistance.

Pour Colleen McCullough l'Amérique de cette époque est un îlot de paix et de calme, et il faut que des étrangers viennent troubler l'ordre public. C'est d'autant plus vrai dans ce roman et dans Fleurs sanglantes Dans le cas qui nous préoccupent, ce sont des Russes, dans le roman cité, un Allemand. Alors bien sûr, Colleen McCullogh parle des débuts de la revendication féminine et des minorités noires mais Douze de trop reste à la surface des choses, telle une esquisse, avec un côté un peu trop lisse qui n'incite pas à l'enthousiasme, malgré un démarrage sympathique avec un meurtre provoqué par un piège à loups dans une armoire.

Citation

[Le testament] avait été rédigé deux mois auparavant, bien après qu'Erica Davenport eut cessé d'être la maitresse de Skeps. Cela voulait dire que celui-ci avait froidement analysé les capacités de la jeune femme et les avait trouvées satisfaisantes.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 01 septembre 2012
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