Les Grandes affaires criminelles des Pyrénées-Orientales

Ils ont commandé, obéi. Ils ont élevé des enfant. C'est balayé. Leur passé est toute leur richesse et cette richesse ne vaut plus rien.
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Essai - Policier

Les Grandes affaires criminelles des Pyrénées-Orientales

Faits divers MAJ vendredi 27 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 26 €

Jean-Philippe Savignoni & Jean-Michel Cosson
Riom : De Borée, juin 2012
336 p. ; illustrations en noir & blanc ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8129-0653-4
Coll. "Histoire et documents"

Deux livres pour le prix d'un

Ces deux historiens ont déjà publié ensemble dans cette célèbre collection qu'est "Les Grandes affaires criminelles" les ouvrages sur l'Aveyron et l'Auvergne, et un livre sur la fameuse Auberge rouge. Ils ont donc travaillé sur le crime en Catalogne frontalière avec l'Espagne, et nous offrent un recueil très épais, foisonnant et peut-être trop exhaustif. Les cinquante-cinq récits sont développés à partir de quatre lignes pour une brève de journal (amende pour une colporteuse d'allumettes en 1912) jusqu'à vingt-huit pages pour les trabucaïres (bandits de grand chemin) jugés en 1846. La chronologie est elle aussi fluctuante en raison d'un découpage par paquets d'histoires : premier paquet de 1827 (un parricide) à 1909 (l'attaque des apaches), puis, après une obscure rumeur de camion plein d'or venu d'Espagne en 1939, deuxième paquet daté de 1903 (le meurtre et le viol d'une fermière) à 2011 (un plombier retraité de Rivesaltes, Joachim T. tue trois personnes dans la rue avant de tenter de se suicider suite à la déclaration de rupture de sa petite amie de cinquante ans de moins que lui). Puis troisième paquet d'histoires : de 1953 (l'affaire Peck où un couple de touristes se fait flinguer par de mystérieux terroristes) à 2011 (jugement d'une émeute mortelle entre communautés gitane et maghrébine).

Selon la tradition chez De Borée, les protagonistes des affaires criminelles sont anonymes à partir de l'après-guerre pour épargner les familles. C'est donc une succession de Henri B., Pascal C, ou Jean B, pendant vingt-neuf histoires. À ce propos, on ne comprend pas pourquoi les affaires des violeurs tueurs d'enfants Christian Van Geloven en 1994 et Patrick Tissier en 1998 n'ont pas droit au même traitement, alors que le pédophile Antoine R. (2002), ou l'incendiaire de femme Michel G. (1994) en bénéficient. On suppute que ces paquets d'histoires sont le résultat d'un travail bien partagé entre les auteurs. Il manque donc un peu de liant et surtout une meilleure structure des longueurs de textes et des chronologies pour faire un authentique recueil.

Ceci dit, les histoires les plus anciennes tournent, comme toujours, autour de viols de fermières, d'histoires d'alcool et de mauvais garçons qui tuent les vieilles ou leur père. L'affaire ancienne la plus connue, qui bénéficia d'ailleurs de plusieurs livres qui lui sont consacrés, est celle de l'Abbé Auriol, en poste à Nohèdes en 1881, qui fait de l'institutrice laïque sa maîtresse et qui va, pour empocher leur héritage, empoisonner successivement deux sœurs confites en dévotion venant l'aider au presbytère. L'Abbé Blanqué a été, lui, enterré vivant par Segundo Roldan y Moralès en 1876 tandis que Pierre Comme, a tué sa sœur, le mari et les trois enfants avant de mettre le feu à la ferme de Formiguères en 1854. On retiendra aussi les deux affaires de Jean-Alexandre Hébrard qui tue sa femme à Amélie-les-Bains en 1904 puis qui devient violeur et meurtrier de petite fille en 1907. En près de trente pages, les deux affaire Hébrard sont très développées par les auteurs avec transcriptions des témoignages et dépositions. Le tout dans un style de novelisation un peu longuet. D'ailleurs, le style du recueil pèche un peu par ses clichés mélo. En exemple, ce commentaire sur les deux futures victimes de Van Geloven  "Deux fillettes belles comme un jour ensoleillé, qui ne savent pas que l'homme peut devenir un animal sauvage quand il n'est plus lui-même. Deux fillettes qui n'ont pas l'habitude de rôder dans les rues. Deux petites filles modèles, façon comtesse de Ségur, qui aiment collectionner les vignettes d'animaux." On croirait lire Le Petit journal dans les années 1890 mais on est ici en 1991...

L'affaire moderne la plus célèbre est celle du "dépeceur inconnu de la gare de Perpignan" : quatre jeunes filles brunes, retrouvées mortes et mutilées entre 1995 et 2001. Dans le paquet des histoires modernes aux héros à initiales, on relève des crimes stupéfiants : En 1961, après des essais manqués avec des tuiles, Prudencio C. A., du toit de son immeuble, balance un parpaing sur la tête de l'amant de sa femme. En 1994, une mère de famille sans histoire se fait brûler vive dans un ascenseur sous les yeux de ses enfants. Michel G., l'auteur du crime, est une connaissance qui ne l'avait pas revue depuis son adolescence. Une voyante lui avait désigné la jeune fille (devenue femme) sur photo comme responsable de ses problèmes sexuels. En 1999, Jean-Paul G. demande à sa presque ex-femme de l'aider à ranger des câbles électriques avec des gants trempés. Résultat, une décharge et deux mois de coma dont elle sort. Elle apprend ensuite qu'il avait souscrit une assurance sur sa vie deux mois avec l'accident. L'enquête découvrira que la première femme de Jean-Paul, assurée elle aussi, s'est électrocutée avec un sèche-cheveux dans son bain (deux ans de coma avant la mort) et que la maison qu'il s'acheta ensuite, assurée bien sûr, partit en fumée après un accident électrique...

Citation

Et pour parvenir à ses fins, l'ex-assureur toulousain devenu buraliste dans les Pyrénées-Orientales où il espère couler de beaux jours conçoit un plan diabolique pour faire passer de vie à trépas son ex-épouse, Frédérique L., et toucher la prime à l'assurance-vie qu'il a établie à ses dépens, produisant à cet effet de faux documents

Rédacteur: Michel Amelin jeudi 26 juillet 2012
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