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Essai - Policier

Histoires vraies à Paris

Social - Urbain - Faits divers MAJ jeudi 26 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,5 €

Gilles Vidal
Villeveyrac : Papillon rouge, mai 2012
288 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-917875-27-8
Coll. "Histoires vraies"

L'excentricité mène-t-elle aussi à l'assassinat ?

Cette collection entend couvrir toutes les régions de France en développant des recueils d'anecdotes historiques. La maquette mate est basique et ne reprend pas le nom de l'auteur, ni sur la tranche, ni en quatrième de couverture de façon à mieux identifier le livre comme appartenant à la collection. Le slogan de quatrième de couverture est un peu racoleur : "À LA LECTURE DE SES PREMIÈRES LIGNES, aurez-vous la force de refermer ce livre ? Il capture littéralement le lecteur en le plongeant dans une série de 25 histoires vraies, époustouflantes, qui défient l'entendement."N'exagérons rien mais il faut bien accrocher le public, non ?

Gilles Vidal est un écrivain de polars et de thrillers qui a été directeur de collection au Fleuve noir. Il a aussi écrit "des essais sur les chats, le football ou le vin". Autant dire que c'est un auteur confirmé qui sait manier la plume pour une lecture agréable. Outre des faits divers marquants comme Fort Chabrol, l'incendie du Bazar de la Charité ou la fuite des archives politiques de la Police de Paris avant l'arrivée des Nazis, ces histoires sont majoritairement bâties autour d'un personnage "excentrique" et peuvent se diviser en plusieurs catégories : les inventeurs (le téléphone, les fous volants, la télévision), les guérisseurs-escrocs-saltimbanques (Guindre, Lord Henry Seymour, le comte de Saint Germain, Aguigui Mouna, le zouave guérisseur, Mesmer, Mengin, les photographes spirites, Franz-Joseph Gall qui jeta les bases de la phrénologie, science des "bosses" qui dériva vers la théorie des criminels-nés), les personnages énigmatiques de l'Histoire (La Moresse de Moret, Jenny Savalette de Lange) et enfin les criminels qui nous intéressent plus à k-libre.

Le grand public va donc découvrir qui était Serge de Lenz, l'Arsène Lupin des beaux quartiers qui eut une fin misérable en 1945 après avoir passé de nombreuses années en prison et avoir fricoté avec la collaboration. En 1902, on découvre que Thérèse Humbert et sa petite famille ont organisé, sur une vingtaine d'années, une énorme escroquerie à partir d'un faux héritage. En 1672, la fausse et belle comtesse Jabirovska (en fait une aventurière anglaise soit disant nommée Olympia Guilfort) attira dans son piège une vingtaine de jeunes hommes pour, avec l'aide de ses hommes de main, les assassiner, les voler et leur couper la tête. Le fils de l'inspecteur Lecoq (seize ans) est désigné comme appât, on le déguise en riche héritier naïf et on l'envoie sur les promenades. Il tombera sur une belle jeune fille et son chaperon. C'est cette vieille femme qui l'entraînera dans l'horrible piège... Qui était Michel Campi décapité le 30 avril 1884 pour deux meurtres ? Jamais, il ne voulut donner son vrai nom. Et Gorguloff, l'assassin du président Paul Doumer ? Et Marguerite Steinheil, la "pompe funèbre" du président Félix Faure en 1899, seule rescapée du "Crime de l'Impasse Ronsin" en mai 1908 qui laissa sa mère et son mari sur le carreau ? Et le prêtre exalté Jean-Louis Verger qui poignarda à mort l'Archevêque de Paris, Monseigneur Sibour en 1857 ?

Gilles Vidal, dans un style dynamique et plein d'humour nous raconte toutes ces histoires sans jamais nous ennuyer, même si certaines comme l'Affaire Steinheil sont archi connues. Il sait ménager le suspense et donne parfois ses hypothèses personnelles. La chronologie n'est pas respectée (comme par exemple dans les collections des éditions De Borée) et les thématiques sont mélangées. Cela permet d'entretenir une rapidité de lecture toujours renouvelée. Les articles sur la chronologie en vingt minutes de l'incendie du Bazar de la Charité le 4 mai 1897 (cent vingt-quatre morts, soit cent dix-huit femmes à particule et six hommes seulement alors qu'ils étaient environ deux cents, preuve qu'ils usèrent de leur force, de leurs poings et de leur canne pour sortir les premiers) ; sur le sabotage de la péniche transportant les archives secrètes de la Police de Paris ; sur les hommes qui voulurent voler, et aussi sur Jenny Savalette de Lange qui, lors de sa toilette mortuaire se révéla être un homme sont excellents. Les illustrations ouvrant chaque histoire sont parfaitement choisies.

Manque une petite bibliographie où le public intéressé aurait eu accès à un choix de titres pour connaître un peu plus l'histoire en question. Il existe des livres entiers sur Serge de Lenz, Thérèse Humbert, Mme Steinheil, Campi, les photographes spirites et le Bazar de la Charité mais, après tout, les lecteurs n'ont qu'à se remuer et chercher sur Internet. En conclusion, Gilles Vidal a réussi son pari(s) en nous faisant passer un bon moment.

Citation

À huit heures vingt-deux minutes précises, après avoir longtemps hésité et oscillé, suspendu dans le vide, vêtu de son costume-parachute qui lui donne des allures de chauve-souris d'opérette, il s'élance... puis chute comme une pierre sur le sol durci par le gel cinquante-sept mètres plus bas.

Rédacteur: Michel Amelin mercredi 25 juillet 2012
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