Les Vacances d'Hercule Poirot

Il portait [...] un polo blanc orné d'un joueur de polo sur le sein gauche. Harry ne parvenait pas à se rappeler le nom de la marque, si ce n'est que pour une raison ou pour une autre, il la reliait à des types ennuyeux.
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Roman - Policier

Les Vacances d'Hercule Poirot

Huis-clos - Assassinat MAJ jeudi 28 juin 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 5,6 €

Agatha Christie
Traduit de l'anglais par Laure Terilli
Paris : Le Masque, mai 2012
224 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3651-6
Coll. "Agatha Christie", 14

Sea, sex and murder

Avec Agatha Christie, il est de notoriété publique que les assassins ne doivent pas commettre leurs forfaits dans un train (cf. Le Crime de l'Orient-Express et Le Train bleu), il est tout pareillement logique que les détectives prennent des vacances. Il faudrait quand même prévenir les meurtriers que lorsque Hercule Poirot est dans les parages, il vaut mieux s'abstenir. Car l'assassin dans Les Vacances d'Hercule Poirot n'a strictement aucune excuse. Son meurtre, il va le commettre, certes avec un grand machiavélisme, mais après quelques jours à côtoyer le détective belge...

Dans ce roman écrit en 1941, la Reine du crime nous propose un huis-clos insulaire qui, à l'inverse de celui proposé dans Dix petits nègres, n'est absolument pas terrifique. Dans un hôtel de grand standing, des vacanciers coulent des journées heureuses tout juste ponctuées par des baignades et des discussions qui, par moments, tiennent plus du monologue. Nous sommes au large du Devon, non loin de Dartmoor et son pénitencier. Parmi les plaisanciers, il y a Arlena Marshall, plus connue sous son nom de jeune fille, Stuart : c'est une ravissante actrice qui aime faire tourner la tête des jeunes hommes alors qu'elle est elle-même mariée à un homme bien plus âgée qu'elle. Et elle en a un à sa disposition qui ne tarde pas à délaisser sa compagne. Hercule Poirot est intrigué par l'ambiance de plus en plus délétère qui règne. Aussi, le drame ne le surprend-il pas. Arlene Stuart est retrouvée morte dans une petite crique de l'île accessible par mer ou par une échelle à faire souffrir ceux qui ont le vertige. Dans cette même crique se trouve cachée l'entrée de la grotte aux Lutins, qui sert de pied-à-terre à des trafiquants de drogue.

Le décor est planté, et Agatha Christie déroule son intrigue avec sa palette de personnages caricaturaux et, pour l'histoire, on ne peut que regretter que le détective, présent sur les lieux du crime dès avant l'heure, ne soit à aucun moment sur la liste des suspects (on a le droit d'être tatillon aussi !). Hercule Poirot va découvrir que chacun des protagonistes connaissait la victime et avait une raison de la tuer. Il va déceler d'étranges ramifications sociales et sentimentales. La résolution est un brin bancale, mais qu'importe : l'ambiance est là, et le roman se lit d'une traite (dans une traduction révisée qui inclue cela dit nombre de coquilles). Et puis comment ne pas s'intéresser aux lectures d'une jeune adolescente dans l'intrigue, avec l'inhérent avis de cette féministe engagée d'Agatha Christie (qui, malgré tout, à la fin, remet à sa place une future femme anciennement indépendante) ?

Citation

C'est un lieu romantique. C'est paisible. La mer est bleue, le soleil brille. Mais vous oubliez, mademoiselle Brewster, que le mal est partout sous le soleil.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 25 juin 2012
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