La Bataille des forts

Décidément il renonçait à comprendre les historiens. Jamais il ne ne pourrait se faire à leur méthode de raisonnement ni à leur sens des valeurs. À Scotland Yard, le blanc était blanc, le noir était noir, et les assassins étaient des assassins.
Josephine Tey - La Fille du temps

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jeudi 09 septembre

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Roman - Thriller

La Bataille des forts

Psychologique - Tueur en série MAJ dimanche 20 juin 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €
Guillaume Gonzales
Paris : Kyklos, mars 2010
288 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-918406-06-8

Un tueur en série et un auteur de comics sur Mulholland Drive ?

La Bataille des forts est un comic à succès écrit par l'auteur Arthur White, et dont la vie bascule lorsque sa fille est assassinée par un tueur en série surnommé Le Voyageur. Interné dans un asile, il fait alors la connaissance de Pharos, un génie touché de mémoire absolue ou hypermnésie. Pharos qui, par amitié, va tendre un piège au tueur...
Il serait vain de ressortir les éternelles citations de rigueur pour un premier roman qui a l'avantage de sortir des sentiers battus, mais une référence passagère à Sherilynn Fenn valide une ambiance très David Lynch. Inutile de dire que l'ensemble se déroule plus dans un espace de fiction, entre deux fantasmes de contre-culture et ces "road movies" dont la simple évocation est censée mettre en transes pavloviennes le critique de base, que dans une quelconque réalité. Pourtant, Guillaume Gonzales ne cherche pas à travestir une absence de récit sous prétexte de "faire de l'art" : il y a bien une intrigue travaillée qui sous-tend ce languide périple hanté de personnages hauts en couleurs aux noms directement inspirés par la mythologie grecque. Pour rester dans la référence cinématographique, l'exercice de style évoque alors plutôt les frères Coen de O'Brother et leur relecture de l'Odyssée. Tout au plus pourra-t-on reprocher des personnages quelque peu schématiques, sacrifiés sur l'autel de l'onirisme, mais en tout cas, pour un premier effort, Guillaume Gonzales n'a pas choisi la facilité, et atteint en grande partie son but. Dans un paysage de best-sellers usinés comme des plats surgelés, il est réconfortant de voir qu'un tel roman, mû par une véritable exigence littéraire sans pour autant tomber dans l'hermétisme pour initiés, ait le droit d'exister...

Citation

Sagement assises sur le canapé en velours bleu marine, les belles avaient croisé leurs interminables jambes, dans l'attente.
La plus glaciale des deux avait croisé les bras aussi.
C'est ainsi qu'elle mourut, le front percé d'une flèche.

Rédacteur: Thomas Bauduret samedi 19 juin 2010
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