Lolita complex - L'océan de la stérilité 1

Noir ? me dis-je alors. Du bouillon de chat noir ? Putain, il faut voir comment certains savent profiter de la superstition des ignorants. Les gens sont bêtes, ils sont confiants et ils favorisent la prolifération de ces charlatans qui rivalisent d'invention. Du bouillon de chat noir... Comme si, pour chasser le mauvais œil, n'importe quel chat ne faisait pas l'affaire !
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Roman - Noir

Lolita complex - L'océan de la stérilité 1

Social MAJ mardi 30 décembre 2008

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Romain Slocombe
Paris : Fayard, septembre 2008
398 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-213-63181-3
Coll. "Noir"

Une horreur ordinaire

Le dessein premier de Lolita complex est de dénoncer le sort réservé aux dizaines de milliers d'enfants qui font l'objet d'un trafic depuis l'Europe de l'Est pour être prostitués dans les grandes métropoles de l'Ouest dans une indifférence quasi générale. En second lieu, Romain Slocombe rend, dans ce roman, hommage au cinéma d'horreur britannique des années soixante. L'association des deux n'est pas le fruit du hasard ou d'un caprice. L'horreur que subissent ces jeunes filles en provenance de Transylvanie – pays d'origine de Dracula, faut-il le rappeler - est bien le point central de ce roman.
Divisé en trois parties dont les titres sont empruntés aux films objets de l'hommage, Lolita complex est un roman très documenté, auquel on peut reprocher la manière parfois artificielle dont sont plaquées des informations d'arrière-plan. Il s'organise autour de trois personnages : Gilbert Woodbrooke, photographe fétichiste dépressif et plâtré qui peine à se remettre d'un accident – il était déjà le personnage principal de la tétralogie japonaise de Romain Slocombe -, Amanda Finlay, présentatrice d'un talk-show à la radio autour de laquelle évolue Duncan Piermont, artiste contemporain à la vie sulfureuse, et enfin, Doïna, jeune adolescente roumaine qui, voulant fuir son "pays de merde", se retrouve à vivre un enfer, celui de la prostitution.
Les histoires de ces trois personnages débutent de façon séparée, en parallèle, et finissent par se croiser. Si ce procédé a déjà été largement éprouvé, il n'est pas toujours utilisé avec autant de finesse qu'ici : Romain Slocombe provoque le croisement inéluctable des récits à des moments où on s'y attend le moins. Trois parties, trois personnages : une double trinité néfaste qui fait moins penser à la Sainte Trinité qu'au triangle des Bermudes dans lequel s'abiment au cours de leur voyage les vaisseaux de tout type. Trois est un chiffre à retenir : Lolita complex est le premier volet d'une trilogie intitulée L'océan de la stérilité.


On en parle : La Tête en noir n°135

Citation

Voilà à quoi un observateur impartial pourrait résumer l'existence de Gilbert Woodbrooke : une cocasse mosaïque d'humiliations, de faux-pas, de déconvenues...

Rédacteur: Jean-Claude Lalumière lundi 06 octobre 2008
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