Oscar Wilde et le cadavre souriant

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vendredi 16 avril

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Roman - Policier

Oscar Wilde et le cadavre souriant

Historique - Énigme MAJ mercredi 21 avril 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 13,5 €

Gyles Brandreth
Oscar Wilde and the dead Man's Smile - 2009
Traduit de l'anglais par Jean-Baptiste Dupin
Paris : 10-18, février 2010
420 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-264-04651-2
Coll. "Grands détectives"

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  • 26/04 Radio: Polar et histoire
    Créée en 1999, l'émission "La Fabrique de l'histoire" - diffusée sur France Culture du lundi au vendredi de 9 h 05 à 10 heures - propose aux esprits curieux, en prise avec leur époque mais convaincus que le présent n'est compréhensible qu'à la lumière d'un passé justement analysé et appréhendé, de réfléchir à la manière dont médias et instances dirigeantes utilisent les données de l'Histoire. Ce qui revient à une interrogation sur la notion de mémoire, sur la signification politique et sociale des "gestes de mémoire".
    Chaque matin, Emmanuel Laurentin - fort d'une double formation d'historien médiéviste et de journaliste - invite des spécialistes à débattre autour de thèmes développés en plusieurs émissions - ces quelques exemples glanés dans la page "Archives" du site de l'émission vous donneront une idée de la latitude des sujets abordés : "Histoire des petits commerces", "De France Observateur au Nouvel Observateur : quarante-cinq ans d’histoire", etc.
    À compter du lundi 26 avril Emmanuel Laurentin entame une série d'émissions consacrée aux relatons existant entre Histoire et littérature. L'une d'entre elles, celle du mercredi 28 avril, concernera "Le roman policier historique". Annette Wieviorka (historienne), Laurent Broche (historien) et Gérard Gengembre (professeur de littérature française) seront aux côtés d'Emmanuel Laurentin pour apporter leurs lumières sur ce qui est devenu, depuis quelques années, un genre littéraire à part entière qui, au vu de certains catalogues éditoriaux, est en pleine expansion.
    Tandis que les fictions policières se multiplient à toutes les époques, depuis les périodes les plus reculées de l'Antiquité jusqu'aux portes du XXe siècle, convoquant au besoin des figures on ne peut plus réelles pour endosser l'habit du détective - il est des auteurs qui n'hésitent pas à faire de Léonard de Vinci ou d'Oscar Wilde des émules de Sherlock Holmes... - une réflexion érudite sur les liens entre Histoire et polar paraît bien nécessaire.
    I. Roche/k-libre
    Liens : Gyles Brandreth

Oscar Wilde enquête à Paris

Le récit de la troisième enquête menée par l'écrivain irlandais débute la veille de Noël 1890, quand il va rejoindre Conan Doyle au musée Tussaud. Passant près d'une figure de cire, il met en garde Robert Sherard, son ami et "Watson", qui l'accompagne : "Ne faites jamais confiance à un homme dont le sourire dévoile les dents inférieures." Oscar remet à Doyle un manuscrit qui relate sa vie entre 1882 et 1883. Il est parti aux États-Unis pour une série de conférences sur l'esthétisme. Si la tournée commence avec un succès mitigé, elle se termine triomphalement. Au cours de son périple, il rencontre un joueur de cartes professionnel qui le sauve de voleurs. C'est de retour à New York qu'il rencontre Edmond La Grange, acteur et directeur d'une troupe de théâtre. Il a vu celui-ci sur scène, dans sa jeunesse, et l'admire beaucoup. L'acteur veut monter Hamlet à Paris et propose à Oscar de travailler, avec lui, sur la traduction. N'ayant pas d'attache, ni d'engagement, il se laisse convaincre. À l'embarquement, il est surpris de retrouver le joueur professionnel près d'Edmond qui le présente comme son secrétaire. Mais La Grange est connu comme un joueur impénitent. C'est en arrivant à Liverpool que se produit un incident. Le chien de la mère d'Edmond a disparu. On le retrouve dans la malle d'Oscar, une malle remplie de terre, où l'affreux clébard est mort étouffé. Après quelques heures passées avec des enquêteurs, le romancier retrouve sa liberté de mouvements. Quelques jours après, il s'installe à Paris et rencontre Robert Sherard, qui devient son ami et biographe. Ils mènent une vie débridée, fréquentent les milieux du théâtre, Sarah Bernhardt... Une nouvelle mort étrange, dans le théâtre, réveille l'instinct d'enquêteur chez Oscar. Et, peu à peu, la situation se dégrade...

Ce troisième opus des enquêtes prêtées à l'écrivain est l'occasion, pour Gyles Brandreth d'approfondir encore sa personnalité, de nous faire côtoyer le milieu du spectacle parisien à la fin du XIXe siècle et partager la vie d'une troupe théâtrale. Il restitue avec minutie le comportement d'individus dans un groupe où l'ego surdimensionné et hypersensible du chef crée des rapports de dépendance, de soumission très forts. Il greffe quelques figures réputées de la vie parisienne de cette époque comme Sarah Bernhardt, le poète Maurice Rollinat, le peintre Jacques-Émile Blanche... Mais la figure incontournable reste Oscar Wilde qui affine sa personnalité, affirme peu à peu sa conception de la vie, affiche l'esthétisme dont il ne se départira plus, sa recherche éperdue du plaisir, sa fascination pour les déviances. Gyles Brandreth donne la véritable dimension du personnage, telle qu'on peut la ressentir à la lecture de ses romans, pièces de théâtre et essais. L'auteur met en scène la figure de l'auteur avec beaucoup de pertinence et d'à-propos.
Il conçoit une enquête dont l'intrigue, si elle paraît un peu alambiquée, est a la hauteur de l'esprit de l'enquêteur : subtile, précieuse, érudite, pleine d'ironie et d'humour. Elle met en avant, de façon pertinente les liens, les secrets qui peuvent lier un groupe de personnes réunies depuis une longue période par une passion commune. Oscar Wilde et le cadavre souriant est une réussite, un livre qui se laisse dévorer avec délectation.

Citation

Oscar partageait la fascination de Rollinat pour les déviances et se délectait du mépris qu'affichait ce dernier pour la morale conventionnelle.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 15 avril 2010
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