Pas le bon, pas le truand

D'après ce que je vois, il y a encore des gens qui respirent et qui savent des choses qu'ils devraient ignorer. S'ils peuvent respirer, ils peuvent parler. Or, à l'heure qu'il est, ils peuvent toujours respirer, et il faut que je sache pourquoi.
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Roman - Noir

Pas le bon, pas le truand

Western MAJ samedi 27 mars 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 17,9 €

Patrick Chatelier
Paris : Verticales Phase Deux, mars 2010
178 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-07-012869-3

Western Spaghetti Novel

"Le silence n'est pas fait pour les humains. La divinité ou la nature, selon l'idée que tu t'en fabriques, les a doués de parole uniquement pour le remplir." Ce n'est pas l'idée que s'en fait Sergio Leone, et encore moins Patrick Chatelain. Le Bon, la Brute et le Truand. Beaucoup l'ont vu. Beaucoup connaissent le thème principal musical. Pas le bon, pas le truand s'arrête sur la visite de la Brute, Sertenza, aux Butler. La Brute arrive à cheval dans un nuage de poussière sous l'œil d'un enfant Butler qui manœuvre un âne autour d'une noria. S'ensuit une scène où ils se retrouvent tous à table. Patrick Chatelier a juste changé le menu, troquant les fameux beans pour des spaghettis, mais là rien que du normal puisqu'on est dans un western du genre !
Tour à tour, chacun des protagonistes brise le silence ambiant de ses propres réflexions intérieures. Les démons resurgissent. Qu'importe la fin puisque beaucoup la connaissent (c'est comme Titanic ou plus justement Fort Alamo). Les protagonistes aussi. La Brute veut une information en même temps qu'elle ne veut pas de témoins. Dans cet hommage à Sergio Leone, Patrick Chatelier offre un récit immobile ou presque. Minutieusement, il décrit "cette lenteur [qui] grossit les moindres gestes et vibrations" et "donne une place, une densité à [notre] rôle de voyeur, voyeur immobile comme les quatre autres en attente de voir". Obnubilé par la symétrie, les chapitres sont répartis de part et d'autre d'un chapitre central imposant, il multiplie les effets de style au sein même du texte : "œil du principe : idiot regarde. Principe de l'œil : regarde-t-il" accentuant ainsi les plans du film. Le lecteur passe d'un regard à un autre à toute vitesse. Observe. Guette le moindre changement pressenti. Rien ne bouge ou presque. Tension narrative à son plus haut. Amateur de westerns à cent à l'heure, fans d'Elmore Leonard, attendez-vous à subir un très long moment de tension, votre front luisant de sueur tandis qu'une mouche vient vous titiller l'épiderme.

Citation

Qui sait comment je m'appelle, dit l'inconnu. Sentenzia, Elliot Belt, Angel Eyes. Le nom n'a pas d'importance. Pour toi ce sera la brute.

Rédacteur: Julien Védrenne samedi 20 mars 2010
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