Rétiaire(s)

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mardi 31 janvier

Contenu

Roman - Policier

Rétiaire(s)

Prison - Drogue - Corruption MAJ jeudi 12 janvier 2023

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

D.O.A.
Paris : Gallimard, janvier 2023
432 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-07-292701-0
Coll. "Série noire"

Gipsy Kills

Lorsque Théo, flic borderline de la Brigade des Stupéfiants assassine un trafiquant repenti pour venger la mort de sa femme et de sa fille, il sème la pagaille dans l'enquête sur le clan Cerda, famille de gitans régnant en maître sur le trafic en région parisienne. Pour Amélie, enquêtrice de l'Office antistupéfiants, le compte à rebours est enclenché pour empêcher une livraison importante. Mais pour les Cerda, en prison (avec Théo, qui a toujours été proche du chef de la bande) ou à l'extérieur, les enjeux n'en sont pas moins importants, alors que le clan manouche lutte pour sa survie.

Figure de l'antiquité romaine, le rétiaire est ce gladiateur qui, dans l'arène, attrapait ses adversaires avec un filet pour mieux les achever ensuite et, à ce titre, tous les personnages du nouveau roman de D.O.A., ou presque, correspondent à cet archétype : tous cherchent à prendre leur adversaire au filet, tous cherchent à échapper au filet qui se referme sur eux. Roman complexe, Rétiaire(s) brille, comme souvent chez D.O.A., par la précision de ses sources, son réalisme cru, mais surtout, et ce n'est pas pour cela qu'on le connait le plus, pour ses personnages. Collection de magnifiques individualités, le casting du roman déborde de personnalités fortes et détaillées, entre les frères Cerda, leurs proches et leurs familles, les flics de l'OFAST, les détenus dans leur ensemble, à commencer par Théo, magnifique personnage torturé, en constant conflit de loyauté. La genèse compliquée du roman explique sans doute cette nouvelle orientation de D.O.A., qui quitte pour un temps les fresques géopolitiques pour recentrer son intrigue autour d'une famille et d'une poignée de policiers. Initialement prévu pour une sérié télévisée dans la veine de The Wire, Rétiaire(s) a fait peur aux diffuseurs français qui ont préféré enterrer le projet. Il en reste une bible de personnages extrêmement détaillés et, pour chacun d'entre eux, quantité de fils d'intrigues qui restent en suspens, en l'attente d'un éventuel tome 2 qui viendrait les reprendre où on les avait laissé. Car Rétiaire(s) saisit un moment de la lutte sans cesse renouvelée contre le trafic de stupéfiants, sans s'appesantir sur l'avant ou l'après, et utilise cette figure classique pour traiter de l'enfermement : en prison tout d'abord, avec quelques pages magnifiques sur la vie carcérale, mais aussi dans un système opératoire, qu'il soit criminel comme celui des Cerda ou judiciaire et dysfonctionnel comme celui dans lequel évoluent les défenseurs de la loi. Avec un style acéré, une richesse documentaire importante et un grand sens de l'époque (tout se passe en période COVID), Rétiaire(s) est l'une des meilleures séries policières du moment... Vivement la saison 2 !

Citation

Les temps du confinement à feu couvert sont durs, la came circula mal, les prix flambent et tous les moyens de la faire venir sont bons.

Rédacteur: Jean-François Micard jeudi 29 décembre 2022
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