Beauté noire & le groupe Prospero. 1, Les Chasseurs de haine

Si j'hésitais plus longtemps, mes nerfs allaient lâcher ou j'allais m'évanouir de fatigue. Je n'avais plus beaucoup de jus, mais je n'allais pas abandonner, pas encore. Il fallait en finir. Je devais mettre un terme à tout ça. Alors je pris une profonde inspiration, puisai le peu d'énergie qui me restait, m'efforçai d'oublier les douleurs qui me parcourait le corps.
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Bande dessinée - Thriller

Beauté noire & le groupe Prospero. 1, Les Chasseurs de haine

Historique - Terrorisme - Complot - Attentat MAJ mardi 03 avril 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Noël Simsolo (scénario), Olivier Balez (dessin)
Grenoble : Glénat, mars 2018
48 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-344-01237-6
Coll. "1.000 feuilles"

Rivalité sous-terraine

La rencontre entre Noël Simsolo et Olivier Balez était de ces rencontres prometteuses. On connait les convictions humanistes, libertaires, voire anarchistes du premier, et le trait alerte d'une ligne claire que le second s'est approprié avec pour résultat des planches élégantes toutes en mouvements et toutes personnelles. Avec ce premier volet de "Beauté noire & le groupe Prospero" on n'est absolument pas déçu. L'histoire se déroule à la toute fin du XIXe siècle, principalement dans une France qui se déchire autour de l'Affaire Dreyfus et plus particulièrement à Paris, une ville qui continue de panser les plaies de la Commune. Dans les arcanes de la société, deux groupes s'affrontent de la plus violente des façons. Le groupe Teufel, qui a des ramifications en Autriche, Allemagne, Italie et au Japon, et le groupe Prospero. Ce dernier lutte avec les mêmes armes que le premier. Son but ? Éradiquer toute forme de racisme (et par conséquent d'antisémitisme). À la violence des uns, répond la violence des autres. La morale n'a pas forcément lieu d'être dans un monde d'activistes, surtout si elle est bien ciblée. Pour se faire, le groupe Prospero peut compter sur des âmes rebelles et vengeresses, sur des bras armés et sur une super-héroïne encadrée par quatre fidèles "négresses", quatre acrobates africaines, toutes plus motivées les unes que les autres par la haine que leur voue le groupe Teufel incarné par un villain de la pire espèce. Dans Les Chasseurs de haine, ce premier volet issu d'un diptyque, Émile Zola vient de faire paraitre dans L'Aurore de Georges Clemenceau son "J'accuse". L'écrivain français est donc de fait devenu l'une des cibles prioritaires du groupe d'activistes fascistes et racistes. Le groupe Prospero arrivera-t-il à le contrecarrer ? C'est une question bien difficile à poser sachant que la mort d'Émile Zola suscite toujours autant d'interrogations aujourd'hui. Mais le duo aux commandes de cette très belle bande dessinée pose les jalons d'un monde où les extrémistes s'affrontent, où les anarchistes de tous poils voient le jour et, surtout, où les idéaux se confrontent, souvent avec violence. Les personnages atypiques de ce récit empruntent à la mythologie du roman d'aventure. C'est ainsi que le groupe Prospero se cache principalement derrière un cirque (et ses bêtes féroces) tandis que les ramifications du groupe Teufel sont à aller chercher du côté d'une noblesse en déliquescence et d'une bourgeoisie arriviste. Il y a des combats épiques au fleuret, des retournements de situation, quelques chausse-trapes, du romantisme et du suspense. Il y a des gens ordinaires avec des idées qui ne devraient pas l'être. Et puis des gens extraordinaires avec d'autres idées même si elles sont parfois perverties par leurs sentiments. Et c'est bien là l'aspect principal du scénario concocté par Noël Simsolo : ses personnages qui sont du côté des justes ne le sont pas forcément pour des raisons louables. C'est un joli coup de force parfaitement bien illustré par un Olivier Balez inspiré.

Citation

Dans ma vie, j'ai connu de belles chasses à l'homme, mais jamais de chasses aux femmes. L'occasion est trop belle. Taïaut !

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 03 avril 2018
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