La Disparue de la cabine n°10

Franck aurait pu aisément les abattre sur place, mais à quoi bon ? Un jeune homme plus jeune les aurait sans doute descendus parce que son sang n'aurait fait qu'un tour et qu'il aurait encore l'orgueil du macho, mais, à mon âge, on sait que moins il y a de morts mieux on se porte.
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Contenu

Roman - Thriller

La Disparue de la cabine n°10

Huis-clos - Disparition - Assassinat - Maritime MAJ lundi 19 février 2018

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Ruth Ware
The Woman In Cabin 10 - 2016
Traduit de l'anglais par Héloïse Esquié
Paris : Fleuve, janvier 2018
432 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-265-11650-4
Coll. "Fleuve noir. Thriller"

A lady vanishes in water

Le titre fleure bon l'ancien et le suranné. On imagine déjà le crime en chambre close, les femmes évaporées et les mystères tordus. Une croisière et quelqu'un disparaît. Mais là, les données sont changées. En effet, il s'agit d'une nouvelle forme de croisière sur un yacht de luxe. Pour lancer la promotion, Laura, une jeune journaliste, est conviée sur le bateau. À peine est-elle installée qu'elle se lie avec sa voisine de la cabine n°10. Mais, quelques heures plus tard, dans la nuit, elle entend un grand plouf et comprend que c'est cette même voisine qui est passée par dessus bord. Alors, elle prévient les autorités à bord, mais personne ne veut la croire pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait aucun invité dans la cabine n°10 ! Pour parfaire le portrait de Laura, les membres de l'équipage semblent vouloir l'éviter. À sa décharge, elle a subi une agression dans son appartement avant de partir, elle boit sec et elle est sous anti-dépresseur. Son témoignage reste donc sujet à caution. Le récit bascule quand son fiancé, resté à terre s'étonne de son absence et qu'un cadavre de femme est retiré de la mer.
Voilà donc un texte étrange car après un début mystérieux qui joue sur la folie possible du personnage central, l'histoire se transforme en une banale affaire de crime sordide avec doublure de la victime pour masquer les pistes. Au lieu de créer du suspense, Ruth Ware crée de la frustration, des pistes sans grand intérêt, et l'on passe son temps à se demander ce qui se passe exactement dans ce roman qui quitte le terrain agatha-christien pour une pâle imitation d'un épisode de Columbo (la doublure qui fait le voyage pour que personne ne sache que la personne est morte plus tôt que prévu c'était justement le pilote de la série et encore avant la pièce de théâtre originelle qui lança toute l'aventure avec le regretté Peter Falk) pour un dénouement qui respire l'amateurisme.

Citation

Il s'était donné tant de mal, il avait exécuté soin plan avec une telle froideur, un tel culot... Aurait-il pu jeter l'éponge si facilement ? Cela ne semblait pas possible.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 19 février 2018
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