On achève bien les chevaux

La vérité, c'est que jamais la guillotine n'avait empêché un crime. Tout le reste, les phrases ; les rapports, les livres sur le sujet, ne servait à rien. Les hommes continueraient à s'entre-tuer jusqu'à la fin des temps, et Dieu lui-même était impuissant à arrêter le massacre.
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Roman - Noir

On achève bien les chevaux

Social MAJ vendredi 30 octobre 2009

Note accordée au livre: 6 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 5,5 €

Horace McCoy
They Shoot Horses, Don't They? - 1935
Traduit du par Marcel Duhamel
Paris : Folio, octobre 1999
182 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-041033-1
Coll. "Policier", 117

1935 : à la source de la télé-réalité

Robert a tué Gloria. L'histoire ne fait pas l'ombre d'un doute. D'ailleurs, dès la première page du roman il est sur le banc des accusés d'un tribunal. La seule question qui importe alors est : Pourquoi ? Robert nous emmène alors dans ses proches souvenirs. Il a rencontré Gloria dans une rue. Cette fille colérique et désabusée, qui souhaite faire carrière dans le cinéma, l'embarque alors dans un marathon de danse qui promet mille dollars au couple survivant. Un marathon de danse, c'est des jours à gesticuler sur un rythme démentiel. Cinquante minutes de bougeotte, dix minutes de repos. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. En couple. Le couple survivant est déclaré vainqueur. Robert et Gloria vont alors s'escrimer pendant des heures et des heures, des jours et des jours, pendant que des couples sont éliminés ou abandonnent. Les tensions montent, les caractères se découvrent. Gloria est de plus en plus désabusée et insupportable.
Publié en 1935, ce premier roman d'Horace McCoy revient sur un phénomène aujourd'hui renaissant : la télé-réalité avant la télé-réalité ! Le marathon de danse est un événement bancal qui doit avoir ses multiples rebondissements afin qu'il attire un plus grand public et génère des revenus substantiels. Pensez que pour le bonheur de son organisateur, un criminel s'est engagé. Un mariage va y être célébré. Il y aura de nombreux tiercés. Des drames vont s'y nouer. Le sexe sous l'estrade mériterait une caméra cachée. Les gens bien-pensants de la ville vont y aller de leur morale pour fermer le concours. Car il y a également une mineure parmi les danseuses. Une femme enceinte aussi. Une spectatrice va être victime d'une balle perdue. Enfin, Gloria va elle hériter d'une balle qui lui était destinée. Tout est réuni pour un véritable Loft Story. Un vrai Loft. Pas l'édulcoré tel que nous le connaissons aujourd'hui. Nul doute d'ailleurs que les chaînes de télévision se battraient pour nous proposer le marathon de danse d'Horace McCoy (l'homme est bien placé pour en parler, un de ses nombreux petits boulots était videur dans un de ces marathons). Il ne s'est pas trompé Robert Hossein, lui qui trente-six ans après l'adaptation cinématographique de Sydney Pollack, a proposé un spectacle en 2004 au Palais des Congrès (à cette occasion le livre est ressorti avec un bandeau célébrant l'événement). Un roman brillant et malheureusement méconnu qui dépeint avec finesse le genre humain livré ici dans une traduction de Marcel Duhamel qui le publia en son temps dans la "Série noire".


On en parle : La Vache qui lit n°136

Citation

C'est une grue qui a de l'instruction et de l'éducation, et ça c'est les pires de toutes... Même les filles ne sont pas en sécurité quand elle est dans les parages.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 30 octobre 2009
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