Kafka ramait le dimanche

Rien n'est plus beau que le désert. Et ça change tout le temps. La joie infinie du peintre, dit Isaac, qui peint, avec des couleurs et des pinceaux ; moi mes tubes de peinture c'est les mots. On peut tout faire, avec des mots il y en a autant qu'on veut – et en plus, c'est gratuit.
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Roman - Policier

Kafka ramait le dimanche

Énigme - Vengeance MAJ vendredi 06 novembre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Cédric Morgan
Paris : Phébus, octobre 2009
208 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7529-0404-1

Les relations des amants du Blavet

Du côté de Pontivy, en pleine Bretagne bretonnante, Richard Desplouze, professeur-dragueur de lycée est assassiné lors d'un jogging matinal alors même qu'il faisait une crise cardiaque et allait donc mourir, tout seul, au pied d'un arbre. La police piétine la zone du crime et son enquête. Une juge forcément atypique demande alors à deux amis, enquêteurs sur le tas retraités, Marquis et Ségo, de partir en mission, la fleur à la boutonnière pour l'un, au cabas pour l'autre.
Le duo de choc - évidemment - va alors enquêter sans subtilité aucune et révéler une petite bourgade en apparence bien tranquille mais qui semble dans les faits jumelée avec les deux bonnes vieilles villes de Sodome et Gomorrhe. Le professeur multipliait les conquêtes. Des jeunes, des moins jeunes. C'est fou le nombre de femmes esseulées (non pas célibataires) en cette basse province. Alors, doit-on rechercher une amante bafouée, un mari jaloux, un frustré envieux ?
Avouons-le, il faut sa dose d'aspirine pour supporter les élancements d'un Marquis plus pédant que jamais. Quand il parle, on a envie de lui crier "Tu peux pas la fermer cinq minutes ?". Et puis, qu'est-ce que c'est que cette Ségo qui réussit à le supporter, lui ? Bref, il faut un temps d'adaptation pendant lequel on se dit que Kafka avait de la chance de ne ramer que le dimanche (oui, c'est facile, mais le titre tend les deux joues à la fois). On se concentre sur les acteurs du drame de cette bonne ville bourgeoise de Pontivy. On va au cinéclub avec eux. Les jeunes pimbêches qui aiment se perdre dans l'alcool et dans le foutre nous interpellent quelque peu. Cédric Morgan, s'il nous inonde des longues diatribes de Marquis, dresse le portrait cruel mais juste de toute une communauté, de 7 à 77 ans, désabusée. On se dit quand même qu'il nous propose un roman à deux visages dans lequel on est confronté à deux auteurs : un néophyte qui doit revoir ses dialogues et un confirmé à l'aise dans la structure de son roman qui arrive avec une intrigue banale à dépeindre le caractère humain. Là est son point fort. Et puis, peu avant la fin, Marquis s'humanise, s'oublie. Il devient supportable (il s'en rend sûrement compte au bout d'un moment : chassez le naturel, il revient au galop). Un roman atypique qui ne laisse pas insensible. Qu'on aime ou déteste. C'était sûrement ce que voulait Cédric Morgan.


On en parle : 813 n°105

Citation

Ils perdent leur temps, le truc est tiré par les cheveux, trancha Ségo. Je te répète que c'est un crime de fille. Le poison, l'aiguille, l'orgasme fatal, c'est toujours signé d'une nana.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 30 octobre 2009
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