L'Arcamonde. 1, Le Dé d'Atanas

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Roman - Espionnage

L'Arcamonde. 1, Le Dé d'Atanas

Ethnologique - Énigme MAJ lundi 03 avril 2017

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9,99 €

Hervé Picart
Bègles : Le Castor astral, novembre 2016
224 p. ;
ISBN 979-10-278-0426-9
L'Arcamonde, 1

Ce qu'il faut savoir sur la série

Frans Bogaert est antiquaire à Bruges. Il est propriétaire de L’Arcamonde, une boutique située sur le Spiegelrei, le Quai du Miroir. Lauren l’assiste dans son commerce et dans ses enquêtes. Il a acquis une réputation d’expert en objets anciens et insolites qui l’a fait surnommer le Sherlock Holmes des bibelots.
Sa première enquête, Le Dé d’Atanas, est relative à une sorte de cube en os humain, ayant appartenu à un disciple de Pizarro. L’Orgue de Quinte, le second mystère se dévoile avec le légendaire orgue à liqueurs du héros d'un roman du XIXe siècle.
La série, prévue en douze volumes, est conçue comme un roman-feuilleton, chaque épisode, publié selon un rythme semestriel, étant reliés par des "fils rouges", des références, aux enquêtes précédentes.

Le retour d'une série d’exception !

L'Arcamonde, la boutique d'antiquités sise sur le Spiegelrei, au cœur de la vieille ville de Bruges, est la propriété de Frans Bogaert. Ce dernier reçoit, ce jour d'hiver, la visite de Margaret van Ostade, envoyée par un confrère de Rotterdam. Elle est en possession d'un étrange dé venant de son grand-père Atanas Vaskevicius. Ce dé, aux faces gravées de déroutants graphismes, aux arêtes restées vives, reste froid même en le chauffant. Très vite il arrive à la conclusion qu'on a voulu faire croire qu'il s'agissait d'un dé pour dissimuler sa véritable fonction. Avec les moyens modernes d'investigation dont il dispose, il déploie les faces et obtient sur une croix un serpent avec une grosse tête vaguement humaine. Utilisant un réseau Internet dédié aux antiquaires, il contacte ses collègues qui ne tardent pas à lui envoyer ce qu'ils ont pu glaner comme informations. La couleuvre est la symbolisation de Patrimpas, le dieu lituanien de la mer, de l'eau et des récoltes. Plus il avance dans ses recherches, plus il trouve que l'ombre des anciens dieux lituaniens se fait de plus en plus pressante autour de lui. Le mystère s'épaissit. Que vient faire cette ombre qu'il discerne lorsqu'il se penche sur un miroir d'eau, qui s'éclaircit lorsque l'aura du dé s'éloigne et qui ressemble à la silhouette de Laura, son épouse partie mystérieusement, brusquement, il y a six ans ? Peu à peu, cependant, le sentiment de se faire manipuler s'insinue dans son esprit, sentiment renforcé par des allusions de sa chère assistante face à l'attitude ambiguë de la belle Hollandaise car elle ne lui dit pas tout ce qu'elle sait...

Avec ce singulier dé, Hervé Picart plante le décor de sa série et fait découvrir à ses lecteurs une partie de la mythologie lituanienne, l'évolution de celle-ci face au christianisme musclé des Chevaliers teutoniques. Il décrit les méthodes mises en œuvre par les fidèles des dieux anciens pour continuer leur culte. Parallèlement, il brosse le parcours de son héros et de sa belle cliente, expose les relations de celui-ci avec son assistante et sa progression dans la connaissance de l'objet, dans sa définition et son usage. Il signe une intrigue tout en subtilité, tout en finesse, tout en distinction, à l'image de son personnage. Il introduit nombre d'objets curieux ou à l'usage insolite, en dresse une brève histoire explicitant les raisons de leur conception, de leur existence. Il livre nombre d'anecdotes tant historiques que sociales.
Il possède, sur le thème qui sert de base à son intrigue, une grande culture et fait preuve d'une connaissance certaine pour les objets de collections, les antiquités et leur histoire. Mais, l'érudition dont fait part Hervé Picart est naturelle, le fruit d'une longue fréquentation de ces objets, de l'intérêt certain qu'il leur porte.
L'humour est toujours très présent. L'auteur ne résiste pas au plaisir de faire un bon mot, de pointer de façon assassine quelques travers de notre société ou de nos contemporains, de dresser des portraits absolument désopilants par leur causticité et leur véracité. Si vous souhaitez découvrir ce qu'est l'humour véritable, loin des misérables pantalonnades déversées à longueur de temps par des stations de radio ou des chaines de télévision, plongez vite dans l'univers de l'Antiquaire.
Le tout est servi par une écriture raffinée, un vocabulaire relevé aux termes particulièrement choisis. Outre l'énigme principale, Hervé Picart évoque, par petites touches, deux autres mystères : celui de la disparition de Laura, l'épouse de Bogaert, disparue sans laisser de traces, et la personnalité de son assistante, Lauren, qui cultive une ressemblance avec Lauren Bacall, apparue il y a trois ans pour se faire recruter sans dévoiler quoi que ce soit de son passé.
La parution de cette série, en volume, s'est arrêtée au tome 5 en mai 2011. Elle a repris en novembre 2016, en livre numérique, au rythme d'un par mois, disponible sur toutes les plateformes qui diffusent des e-books. Pour les inconditionnels du papier, il faut attendre encore un peu, la série sera proposée dans un proche avenir en impression à la demande (POD).
Cette version du Dé d'Atanas a été profondément remaniée, enrichie d'un prologue, d'un supplément de mystères et d'une chute entièrement nouvelle. Les autres titres déjà publiés ont également fait l'objet d'ajouts qui renforcent le côté étrange de la série.

Citation

... omis de confier à l'antiquaire l'ensemble de ce qu'il avait perçu au cours de leur bref échange magnétique. L'homme était persuadé que son épouse envolée reprendrait contact, tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre.
... une femme de préférence, qui entrerait une jour dans la boutique avec à la main un bibelot assez symbolique pour happer l'insatiable curiosité du brocanteur.

Rédacteur: Serge Perraud vendredi 27 janvier 2017
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