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mercredi 11 décembre

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Roman - Thriller

Soleil de nuit

Ethnologique - Religieux - Drogue - Trafic - Chantage MAJ lundi 09 mai 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Jo Nesbø
Midnight Sun - 2015
Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier
Paris : Gallimard, mars 2016
224 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-014523-2
Coll. "Série noire"

Kierkegaard chez les Sames

Le 8 août 1977, un homme (Jon Hansen) arrive à Kåsund, petite localité du Finmark norvégien, et se réfugie dans une cabane de chasse d'où il pense pouvoir guetter un danger éventuel (c'est lui qui nous conte l'histoire à la première personne, aussi bien quant au passé qu'au présent et à l'amitié qui le lie à Knut, jeune adepte de la secte de Lars Levi Laestadius, célèbre missionnaire en territoire païen du nord de la Scandinavie, et Mattis, chasseur et trafiquant d'alcool local). Il est manifestement en fuite et a peur du Pêcheur (les lecteurs du volume précédent Du sang sur la glace savent que c'est un gros bonnet de la drogue du pays) envers lequel il a été déloyal, ce qui, dans ce milieu, ne pardonne pas. Afin de financer le coûteux traitement médical d'Anna, sa fille atteinte de leucémie, il a accepté d'être l'homme de main de celui-ci, en vain d'ailleurs, puisqu'il a touché l'argent trop tard pour sauver la petite. Et il l'a "doublé", empochant la moitié d'une dette qu'il était censé recouvrer pour lui, ainsi que de la drogue, au terme d'un marché passé avec la victime désignée du contrat, pour ne pas avoir à l'abattre. On est toujours trop bon, ou trop faible. Surtout quand le bénéficiaire de la faveur se vante bêtement, fût-ce dans le lointain Brésil où il s'est réfugié, d'avoir roulé le Pêcheur et se fait abattre. Dans ce cas, le Finmark est la moins mauvaise des solutions, même si on n'y est pas à l'abri de tout. On y est vite rattrapé et, par exemple, la proie d'un maître-chanteur qui a flairé le motif d'une présence aussi détonante en un tel lieu. On n'y même pas à l'abri de la jalousie d'un beau-frère. Au total, il y a plus de philosophie que de strictement policier, dans ce roman à la fin "ouverte". Il y est beaucoup question de religion (surtout la version piétiste des Laestadiens, prompts à voir le diable partout), du sens de la vie, de la mort, etc. Søren Kierkegaard y est même cité, ce qui est rare pour un polar. Le choc des cultures entre Sudistes (comprenez : les habitants d'Oslo, tout est relatif, n'est-ce pas ?) et Sames (anciennement Lapons) est longuement évoqué et de façon convaincante, mais le livre est parfois trop bien rédigé et surtout dialogué pour le niveau des personnages en cause. Il est en particulier incompréhensible que la traductrice ait choisi de narrer une telle histoire à la première personne du passé simple (comme au XIXe siècle, exemple : "Alors, que dis-je" p. 99) et surtout que l'impitoyable "redresseur de langue" maison, si vigilant sur le plan "tendance", l'ait laissé faire. Un peu de rigueur, que diable, dirait Lars Levi. Même si la "Série Noire" est désormais un incroyable fourre-tout. Bientôt un inédit de... Kierkegaard ?

Citation

Je ne croyais pas à la vie après la mort, mais je croyais à la mort après la vie.

Rédacteur: Philippe Bouquet lundi 09 mai 2016
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