Pancho Villa : la bataille de Zacatecas

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Bande dessinée - Guerre

Pancho Villa : la bataille de Zacatecas

Historique - Révolution MAJ mardi 29 mars 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 28 €

Paco Ignacio Taibo II (scénario), Eko (dessin)
Pancho Villa toma Zacatecas - 2013
Préface de Sébastien Rutés
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Sébastien Rutés
Paris : Nada, novembre 2015
310 p. ; illustrations en noir & blanc ; 22 x 26 cm
ISBN 979-10-92457-09-4

Bataille picaresque

De Paco Ignacio Taibo II on connait surtout en ces pages son détective privé aux origines basques et irlandaises Héctor Belascoarán Shayne, qui est apparu un beau jour de 1976 dans Jours de combat. Encyclopédiste du genre policier, maître à penser mexicain, Paco Ignacio Taibo II est professeur d'histoire et comme tel il s'intéresse à celle de son pays. Avant de consacrer un futur ouvrage à cet "asshole" de Davy Crocquett lors du siège de Fort Alamo, comme il se l'est juré (Sébastien Rutés en réaction à cet article nous fait part de sa publication au Mexique il y a quatre ans ; espérons que l'ouvrage sera vite traduit en France), l'homme s'est intéressé à Pancho Villa, figure révolutionnaire et héroïque, dans une vaste fresque épique et historique publiée dans "La Petite Bibliothèque Payot" en deux volumes et mille cinq cents pages, Pancho Villa, roman d'une vie, dont on ne peut que vous conseiller la lecture. Mais pour l'heure, parlons de cette bande dessinée improbable et précieuse qu'est Pancho Villa, la bataille de Zacatecas. Un joli format à l'italienne avec une couverture mate pour raconter un pan de la révolution mexicaine. Des illustrations pleines pages en noir et blanc, voire en blanc sur papier noir. Un texte épuré comme si le romancier avait peur de prendre la vedette à Eko (Héctor Stanislaw de la Garza Batorski !), l'illustrateur de talent qui rend vie à des personnages épiques. Zacatecas est un bastion enclavé réputé imprenable. Vers Zacatecas en juin 1914 convergent des troupes commandées par des chefs révolutionnaires mais avant tout picaresques qui ne sont pas en manque de cruauté, ni d'originalité. Parmi eux, Pancho Villa détone plus particulièrement. À ses côtés, le colonel Fierro a fier allure sur sa moto Indian offerte par celui qui avait commencé par se diriger vers Guadalajara avec "deux fusils, quatre pistolets" comme l'a chanté Serge Gainsbourg, et qui maintenant se dirige vers l'enclave en même temps que plus de soixante trains. Pourtant, l'histoire de cette bataille de Zacatecas est plus ou moins narrée par le colonel Montejo, un sombre ivrogne impétueux. C'est sans nul doute pour ça que l'univers rendu est gothique habité par des hallucinations horrifiques telles que l'on peut les découvrir dans les carnets de croquis d'aliénés. Les pages se déroulent à une vitesse vertigineuse. Le lecteur suit heure par heure l'avancée de la bataille. Cette bataille fera cinq mille morts et autant de prisonniers. Elle ouvrira surtout les portes de Mexico et signera la fin de l'usurpateur Huerta. Mais tout cela, Sébastien Rutés vous l'expliquera mieux que moi dans sa préface. Le romancier français qui a écrit une thèse sur Paco Ignacio Taibo II traduit également cette bande dessinée publiée aux éditions Nada, éditions qui publient "des récits ayant trait à la critique et à l'histoire sociales, à la littérature et aux arts". C'est également un gage de qualité.

Citation

On disait de Villa qu'il avait été bandit et ivrogne. Vrai dans le premier cas, un putain de mensonge dans l'autre, vu qu'il ne buvait pas la moindre goutte d'alcool.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 25 mars 2016
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