Le Premier mai tomba la dernière neige

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Roman - Noir

Le Premier mai tomba la dernière neige

Social - Assassinat MAJ jeudi 21 janvier 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Jan Costin Wagner
Tage des letzen schnees - 2014
Traduit de l'allemand par Marie-Claude Auger
Paris : Jacqueline Chambon, octobre 2015
286 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-330-05643-8
Coll. "Noir"

Froid et neige

La neige a cette fonction apaisante de tout recouvrir d'un manteau blanc, de niveler les bruits, de ouater la vie. Pour cette passante, c'est l'occasion de voir un père et sa grande adolescente chahuter en s'envoyant des boules de neige ou de regarder ses deux bonhommes de neige amoureusement enlacés sur un banc. Mais la réalité est tout autre : les deux bonhommes de neige sont deux cadavres et la victime féminine n'est autre que la jeune fille qui faisait une bataille de boules de neige quelques heures plus tôt. Et la réalité n'est jamais là où on la croit : un banquier finlandais, dur en affaire, marié et père de famille heureux, croit découvrir un nouvel amour avec une jeune femme. Il est sans doute le seul à ne pas se rendre compte qu'il est un parfait pigeon, servant de chevalier servant à une jeune femme ambitieuse qui vend ses charmes. Comme financier on le croit revenu de toutes illusions et pourtant...
Jan Costin Wagner sait jouer avec ces ambivalences et cette comédie humaine. L'être est ambivalent : le commissaire Kimmo Joentaa chargé de l'enquête est amoureux d'une femme dont il ne sait pas le nom et qui a l'air distante, mais sans le lui dire, elle porte son enfant. Le financier, lui, est ennuyé non pas d'avoir trahi son épouse mais d'avoir provoqué un accident de circulation en fuyant les lieux du crime. Quant à cette jeune femme qui utilise un pseudonyme pour "surveiller" sur les sites de discussion son frère aux pensées morbides, elle ne sait comment l'aider.
C'est une comédie humaine car la neige a blanchi les "mauvaises" actions. Il n'y a pas ici de tueurs en série violents et sanguinaires, mais des êtres humains simples, pris dans la complexité des relations (rehaussées par une complexité des sous-intrigues qui convergent vers un final implacable mené de main de maître, sans que le lecteur en soupçonne les fils). Le focus n'est pas uniquement sur l'enquête, mais se développe autour des protagonistes : le couple qui a perdu sa fille dans l'accident, le banquier et sa famille qu'il aime même s'il a une vie à côté, la jeune prostituée et sa famille montrée sans a priori, comme des gens qui utilisent les seules compétences qu'ils ont pour survivre, la sœur qui tente de sauver son frère désireux de devenir le nouveau Breivik. Toutes ces tranches de vie qui basculent, mine de rien, comme des flocons de neige qui séparément ne sont rien et qui ensemble, forment une belle avalanche élégiaque.

Citation

Personne n'a à me dire ce que je dois faire, ni TOI, ni PERSONNE d'autre, me raconter ce qui est HIP et HOP, ce que je dois PORTER et DIRE, et si je vous fais éclater la cervelle ou les couilles.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 21 janvier 2016
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