Gévaudan, le retour de la Bête

Alors, quelle erreur avait-elle commise ? C'était la question qui la hantait depuis qu'elle avait fui dans l'aube pluvieuse la voiture remplie d'excréments et les deux Mexicaines étendue à ses côtés.
Colin Harrison - La Nuit descend sur Manhattan
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Tempête qui vient
Le titre de ce nouveau roman de James Ellroy, par ailleurs deuxième volet du "Second quatuor de Los Angel...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 09 décembre

Contenu

Roman - Policier

Gévaudan, le retour de la Bête

Fantastique - Historique - Assassinat MAJ jeudi 25 février 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

À partir de 12 ans

Prix: 11,3 €

Gilles Vincent
Paris : Paul & Mike, mars 2014
128 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-36651-039-3

Criminel plagiaire

Michael, son frère Vel et leur amie Rose sont ravis car dans le cadre d'un échange linguistique, les voilà installés dans une famille française très sympathique qui vit au cœur du Gévaudan. Bien entendu, Vel s'est largement documenté sur leur région d'accueil et a parlé aux deux autres de la légende de la Bête du Gévaudan qui a effrayé la région et assassiné de très nombreux habitants au XVIIIe siècle. Fascinés comme tant d'autres, les adolescents sont bien décidés à demander à leur nouvel ami et hôte Tom de les conduire sur les pas de cette créature légendaire et ainsi de leur faire découvrir un superbe coin de France. Mais ils ne s'attendaient certainement pas à ce que, durant leur séjour français, des meurtres étrangement similaires à ceux du XVIIIe siècle soient perpétrés, et qu'à nouveau une chape de peur en plomb s'abatte sur la région. Aidés de leur chat Wilde au QI impressionnant et que les trois adolescents peuvent comprendre – oui oui, ils comprennent ce que leur dit leur chat, c'est bien ce que j'ai dit -, le petit groupe va chercher à mettre fin aux agissements de ce mystérieux plagiaire.
Gilles Vincent inaugure là une nouvelle série qui mettra à l'honneur Michael Connors, son frère Vel, leur amie Rose et leur chat extraordinaire Wilde dans six autres prochains volumes. Mis à part ce chat magique, qui n'apporte pas beaucoup et qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, cette première enquête ancrée dans l'Histoire est très convaincante et rapidement prenante. L'auteur – qui n'en est pas à sa première réussite - parvient particulièrement bien à mêler l'enquête des adolescents aux faits historiques eux-mêmes et entretient le suspense tout au long du roman. Tels de véritables détectives, ils rassemblent les preuves et les faits des meurtres qui secouent la région et, ayant constaté un mode opératoire similaire à celui de la Bête, parcourent les archives pour tenter de prévoir les prochains méfaits de l'actuel tueur. Déductions, recoupements, recherches... Michael, Rose, Tom et Vel ne laissent rien au hasard, déterminés à apporter leur aide aux autorités pour que cessent les meurtres de jeunes gens.
De bien étranges vacances pour des élèves britanniques (dont on oublie vite qu'ils sont là pour apprendre le français !), certes, mais des premiers pas convaincants pour ces enquêteurs en herbes, qui de plus seront aidés par divers alliés et diverses circonstances qui entretiennent le suspense. Le rythme est soutenu, l'intrigue bien pensée et bien développée et les personnages très intéressants – je n'inclus à nouveau pas le chat ! Le choix de la légende de la Bête du Gévaudan comme support à ce premier opus est intelligent, car elle continue de fasciner et d'interroger, tout en laissant suffisamment de zones d'ombres pour qu'un auteur imaginatif puisse y glisser les fondations d'un roman.
Gévaudan, le retour de la Bête est donc, malgré quelques fausses notes, un polar jeunesse de qualité et qui laisse présager une série qui s'avère prometteuse – série que nous ne manquerons pas de suivre avec plaisir, espérant vous reparler de nos trois amis et de leur chat prochainement !
Le roman a remporté le Prix Bouquin'Ados 2015.

Citation

Ce que je veux dire, asséna Vel, c'est que si c'est le cas, ça n'est pas une bête qu'il va nous falloir chercher, mais un serial killer. Un taré qui, deux cent cinquante ans plus tard, nous fait le remake de la Bête du Gévaudan.

Rédacteur: Catherine Thiéry samedi 05 décembre 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page