Personne ne court plus vite qu'une balle

Les ethnopsychiatres s'attachent à comprendre les mécanismes de pensée et le rapport au mal en fonction du contexte, du lieu et de la culture. Ainsi, un sujet né dans un pays en guerre aura un rapport à la violence différent de celui d'un gamin du XVIe arrondissement de Paris. Si le cas de Bibz avait été étudié, il aurait été considéré comme un enfant soldat. De ceux à qui on colle une Kalachnikov et qu'on envoie au front.
Olivier Norek - Territoires
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Policier

Personne ne court plus vite qu'une balle

Écologique - Musique - Assassinat MAJ jeudi 12 novembre 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,95 €

Michel Embareck
Paris : Archipel, septembre 2015
280 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-8098-1738-6

À fond les manettes !

L'âge venant, Victor Boudreaux est un détective qui aimerait surtout s'occuper de son club de lanceurs de marteau. Mais, afin de participer à une rencontre internationale, il doit trouver un financement. Il va donc accepter une enquête qui devrait lui en rapporter. Toute l'ironie de la situation réside dans le fait que, pendant qu'il risque sa peau pour découvrir la vérité sur ses investigations, ses sportifs vont réaliser une vidéo qu'ils vont partager sur les réseaux sociaux, une vidéo virale qui leur apportera beaucoup de sponsors... Mais revenons à l'intrigue et à l'enquête. Tout y est à l'avenant. Flaco Moreno, chanteur aux positions altermondialistes a été retrouvé pendu. Suicide ! clame la police mais sa famille, elle, crie au meurtre. Le chanteur français se distinguait par ses positions politiques. Il prônait l'altermondialisation et le commerce équitable. Au fil du roman de Michel Embareck, on découvre que c'est un escroc, qu'il est de plus radin, et que ses envies de voir autrement sont surtout des manières de s'enrichir. Des multiples allusions permettent de voir derrière Flaco Moreno, le chanteur altruiste, une vedette du show business, ancien punk reconverti dans une carrière solo.
Cela fait quelques romans que nous savons que Michel Embarek sait embarquer avec humour et punch son lecteur. Personne ne court plus vite qu'une balle se déplace avec vivacité de la Louisiane à Paris en passant par le Vietnam. Entre deux discussions sur les méfaits du capitalisme sauvage et généralisé, le roman raconte avec verve les emportements des personnages. Les scènes d'action sont décrites avec vivacité. Derrière la rapidité et les clins d'œil se cachent les personnages à clé et les passages obligés du genre : corruption des fonctionnaires (la vision du Vietnam nouveau est hallucinante), interrogatoires musclés, coups de fusil, rebondissements incessants... Le roman est aussi une intelligente description du monde actuel entre fascination du rêve américain et ses déboires, entre respect des règles anciennes et modernité (notamment à travers le fil rouge que constitue le groupe des lanceurs de marteau). Le tout est servi par un humour qui oscille entre des instants ironiques et des plaisanteries plus rudes. Le style de Michel Embareck sait se muscler et mélanger avec force les envolées plus poétiques et les moments plus terre à terre. Ce roman un polar nerveux comme une trique, donnant des coups de griffe à droite et à gauche, et surtout il est jubilatoire.


On en parle : L'Indic n°23

Citation

Aider des jeunes athlètes noirs à déjouer le déterminisme social grâce au sport. Une tâche allégorique puisque des descendants d'esclaves s'escrimaient à expédier le plus loin possible un boulet de fonte attaché à un câble.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 12 novembre 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page