Le Vampire de la rue des Pistoles

À Paris, j'étais un animal en cage. Un appartement d'à peine vingt mètres carrés qui engloutissait plus de la moitié de mon salaire d'instituteur, cela ne pouvait convenir au sauvageon que j'avais été, et que je resterai sans doute jusqu'à mon dernier jour.
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Roman - Policier

Le Vampire de la rue des Pistoles

MAJ mardi 29 mars 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16,5 €

Jean Contrucci
Paris : Jean-Claude Lattès, septembre 2009
448 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-7096-2417-5
Coll. "Romans historiques"
Les Nouveaux Mystères de Marseille, 8

Ce qu'il faut savoir sur la série

Commencée en 2002 par Jean Contrucci, critique littéraire à La Provence, la série des "Nouveaux mystères de Marseille" se  compose de romans basés sur des faits réels. Chaque intrigue est l'occasion de visiter un quartier différent de la ville à la Belle Époque.

Sur la piste d'un étrange criminel

C'est un jeune apprenti au cerveau farci de récits de loups-garous et de revenants que lui faisait sa grand-mère, qui aperçoit un fantôme debout, dans un drap blanc, se détachant sur le mur de l'ancien hôpital. Il a vu trois hommes s'enfuir, alors qu'un autre témoin, plus tard, n'en n'a vu que deux.
La police butte vite sur un extravagant assassinat qui défie l'entendement. C'est la rigidité cadavérique qui le fait tenir debout. Le cadavre a été ouvert en deux, de bas en haut, puis recousu soigneusement et saucissonné. La peau a été soigneusement lavée, mais il manque des morceaux d'organes. La tête, rasée par endroits, est emmaillotée avec des mouchoirs.
Raoul Signoret et Eugène Baruteau sont sur le pied de guerre. Ce dernier, en plus de cette affaire complexe, doit réformer la police marseillaise, mettre des agents au travail, comme le lui impose Georges Clemenceau, alors président du Conseil et ministre de l'Intérieur. Grâce aux recherches des policiers fortement motivés par leur chef de la sûreté et les investigations de Raoul qui sillonne les quartiers populaires, le cadavre trouve vite une identité. Il s'agit de l'Empirique, une sorte de guérisseur autoproclamé (déjà !) qui se faisait appeler Cleophas et : "prétendait faire des miracles là où la médecine perdait son latin". Qui a pu commettre un tel crime et pourquoi ?
L'auteur se base, pour étayer son intrigue, sur un personnage authentique, qui exerça l'activité de guérisseur avec toutes les aberrations décrites dans le roman. Il s'attache à en faire un portrait qui est le reflet d'une réalité qui perdure encore aujourd'hui. Il démontre, avec ce roman particulièrement, le côté sordide de nombre d'affaires de crimes et d'assassinats et les motivations dérisoires qui en sont à l'origine.
Jean Contrucci n'a pas son pareil pour faire revivre sous nos yeux la belle Époque dans la région marseillaise et la vie des quartiers populaires qui faisaient la réputation de la ville auprès des marins. Il propose une histoire haute en couleurs, favorisant la variété des personnages, leur capacité à représenter des catégories professionnelles et sociales et leur puissance évocatrice d'une époque. Il donne vie à des personnages truculents comme Néné-le-Coiffeur, Tino Bonacorci, le plombier-zingeur ou Jules Cabourdin, professeur honoraire et archéologue amateur. Il mêle avec malice la vie personnelle des deux héros aux rebondissements d'une enquête florissante en péripéties riches et diversifiées.
Jean Contrucci évoque, au fil des pages, la richesse historique de Marseille et fait l'apologie de la cité. Il se garde, cependant, de tout dithyrambe excessif, pointant avec un regard lucide, les défauts de ses habitants, les traitant, par exemple, de boutiquiers : "... imperméable à l'art, au beau... excepté à la musique que font les sous tombant dans la caisse". Il brocarde également, au passage, tant les gens de presse que ceux de médecine, reprochant aux premiers : "... qui préfère[nt] dauber sur la compétence des autres plutôt que de se risquer à montrer ce qu'on sait faire". et taxant les seconds de déclarer : "incurables les malades qu'ils sont impuissants à guérir".
Une fois encore, Jean Contrucci avec Le Vampire de la rue des Pistoles, tient son lecteur en haleine, avec une intrigue d'un niveau relevé et un volet historique érudit.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°38 |La Vache qui lit n°105

Nominations :
Prix Arsène Lupin 2011

Citation

C'est la vertu de cette ville de savoir fabriquer des Marseillais avec tous ceux que le ressac de l'Histoire dépose depuis vingt-six siècles sur son rivage.

Rédacteur: Serge Perraud mardi 15 septembre 2009
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