De mort naturelle

Le ciel gris annonçait un bel orage. Il ne fallait pas avoir trop d'imagination, sinon, on pouvait vite basculer de l'autre côté de la raison. Une ambiance sombre, un grand cimetière vide, un vent qui commençait à siffler dans tous les recoins du décor jusque-là silencieux.
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mercredi 20 juin

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Poésie - Policier

De mort naturelle

Fantastique - Assassinat - Procédure MAJ mardi 29 septembre 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

James Oswald
Natural Causes - 2012
Traduit de l'anglais (Écosse) par Jean-Claude Mallé
Paris : Bragelonne, juin 2015
456 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-35294-860-5
Coll. "Thriller"

Démoniaque Edinbourgh

L'inspecteur d'Edinbourgh Tony McLean n'est pas gâté : à peine arrivé dans la police, sous les ordres de Duguid, un chef autoritaire surnommé Dugland et qui est constamment sur son dos, il écope d'une affaire étrange. Le cadavre momifié d'une femme a été découvert dans une pièce murée, victime d'un meurtre hautement rituel où six parties de son corps ont été prélevées. En même temps, une série de morts apparemment sans rapport entre elles ensanglante la ville. Il est impossible de trouver un mobile ou une simple raison, et les assassins ont une fâcheuse tendance à se suicider après leur forfait. Et si l'affaire avait une origine surnaturelle ? Le meurtre ressemble-t-il vraiment à un rituel d'invocation d'un démon ? McLean doit également composer avec le décès de sa mère, dans le coma depuis des années, et le conséquent héritage qui lui revient...
Apparemment traité comme LA nouvelle star du genre à émerger sur la scène très occupée du Procedural British, James Oswald, transfuge de la fantasy a vite tutoyé les plus grands, commercialement parlant. Il y a à boire et à manger dans ce roman conséquent. Les bons points sont à distribuer au protagoniste lui-même qui évite les clichés du genre - tant du dur-à-cuire que du jeune innocent. Sa perplexité face à une affaire inextricable est compréhensible, tout comme sa réaction à un décès marquant est hautement crédible. Il y a là des pistes posées qui seront sans doute explorées dans les volumes suivants de la série de cet inspecteur McLean. De plus, le style est servi par une traduction allègre ne cherchant pas à retranscrire le pittoresque à tout prix qui a irrité certains lecteurs (on a comparé l'auteur à un Américain écrivant sur l'Écosse, utilisant des idiomes qu'il ne connaissait que de loin pour amuser le lecteur d'Outre-Atlantique !), laissant surtout une science de la narration et des petits détails qui font mouche. Reste les défauts. D'abord, la scène d'introduction très violente donne l'impression d'avoir affaire à un Torture Porn, et détone avec le reste du roman. Ensuite, le récit brasse beaucoup trop de personnages et d'événements au point que l'on est vite noyé entre ces morts et ces suicides à répétition dont le lien n'est pas évident, si bien qu'il n'y a pas vraiment d'impression d'urgence. Pour pinailler, on peut aussi dire que certaines "procédures" policières engendreront un sourire un peu crispé chez ceux dont les connaissances en la matière ne se limitent pas aux séries télévisées de TF1. Quant au coupable, on le voit venir depuis l'espace. C'est là qu'au final, la conclusion ravira ou rebutera le lecteur en basculant dans un fantastique que n'eût pas renié Graham Masterton. Tentative de combler une intrigue qui autrement s'écroulerait sous le poids des éléments inexpliqués ou petite touche d'originalité ? À chacun de se faire une opinion. Depuis, l'auteur a publié trois autres volets de la série. Il faudra donc juger sur pièces. Mais pour l'instant, le verdict est : prometteur mais peut mieux faire. N'est pas Ian Rankin qui veut...

Citation

McLean haussa les épaules. Il semblait logique que le tueur ait eu des complices, sinon le meurtre aurait été trop difficile à cacher. Mais une demi-douzaine de coupables ?

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 29 septembre 2015
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