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Roman - Espionnage

Rouges les collines de Caracas

Ethnologique - Géopolitique - Disparition MAJ mercredi 14 octobre 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Maxime Vivas
Paris : Arcane 17, octobre 2015
274 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-918721-45-1

Revolution's blues

Goya est une jeune journaliste invitée au Venezuela pour une série de reportages mais, dès le départ, les choses évoluent très étrangement. En effet, dans l'avion qui l'emmène, sa voisine a l'air de la connaître et s'intéresse beaucoup à son travail. À peine arrivée, Goya reçoit des messages pour "jouer" les espionnes. Elle manque d'être tuée par un tueur à gages qui prépare un attentat. Puis elle rencontre un poète qui lui récite ses vers, sauf qu'ils ont l'air de provenir d'autres poètes et surtout il est photographié en train de siroter des verres avec l'ambassadeur américain. Mais Goya rédige ses articles, ce qui lui permet de s'imprégner de l'atmosphère du Venezuela. Peu à peu, elle découvre l'envers du décor. Un président, Hugo Chavez, qui essaie de faire des choses mais est constamment coincé : surmonter les difficultés l'oblige à des actions autoritaires dont il devient peu à peu dépendant et, en face, l'opposition, composée essentiellement d'hommes issus des riches familles qui ont mis le pays en coupe réglée, s'insurge à chaque tentative de rééquilibrer un peu le jeu de la lutte des classes. L'ambiance est justement en train de se tendre autour de réformes sur le système de répartition des fréquences des chaînes de télévision. Tous les indices montrent que certains sont en train de préparer l'opinion internationale à un coup d'État feutré. Mais quel est le rôle de Goya dans tout cela ?
Maxime Vivas a connu de près ou de loin la situation qu'il nous narre ou alors s'est particulièrement bien documenté. Il décrit les arrières-plans politiques du pays et, même s'il semble avoir choisi son camp, il prend soin de rester souvent dans la brume et le on-dit. En effet, vue par les yeux de Goya, la situation est confuse. Effectivement, l'on prépare un attentat contre Hugo Chavez, mais que va saisir Goya entre son nouvel amant, espion passé par Cuba et qui surveille et contrôle en sous-main la protection du président, un beau poète ténébreux aux motivations ambiguës et des journalistes qui oscillent entre envie de vanter la "révolution", peur de ses dérives et besoin de répondre aux demandes de leurs patrons hostiles à ce même nouveau gouvernement ?
À l''intérieur de cette intrigue, s'esquisse une autre histoire où la journaliste tente également d'en savoir plus sur la disparation d'un autre Français, lui aussi journaliste, des années auparavant. La réponse qu'elle trouvera prouve aussi que les événements ne sont pas toujours blancs ou noirs, que la vérité se situe dans le gris, comme lorsque Goya écoute la Cucuracha, hymne révolutionnaire qui, lorsqu'on ne parle pas la langue, n'évoque rien, mais fait référence aux cafards. Sont-ce les traîtres, les ennemis de la révolution, juste un autre mot pour dire le blues ou des réminiscences de la lecture de Kafka ? À vous de juger !

Citation

Je n'ai aucun moyen de me renseigner sur Ricardo. Comment joindre un agent secret ? Les gouvernements, les ambassades répondent immanquablement qu'elles ne comprennent pas de quoi l'on parle.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 28 septembre 2015
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