Les Assassins

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mardi 18 septembre

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Roman - Thriller

Les Assassins

Psychologique - Social - Tueur en série MAJ lundi 31 août 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Roger Jon Ellory
The Anniversary Man - 2009
Traduit de l'anglais par Clément Baude
Paris : Sonatine, août 2015
570 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-35584-289-4

Imiter pour perfectionner

Le titre original est extrêmement explicite : l'homme des anniversaires, l'homme qui fêtait les anniversaires. Seul différence, cet homme ne se promène pas avec des gâteaux et des bougies pour célébrer une date de naissance, mais il tente de reconstituer à l'identique des crimes commis par des tueurs en série. Comment faire pour comprendre son message ? Les policiers qui enquêtent ne sont pas forcément des mêmes brigades, ni des mêmes districts, et les meurtres ne font pas l'objet d'une information importante. De plus, qui saurait se rappeler les détails scabreux de crimes commis des années auparavant par des meurtriers différents ? C'est pourtant le cas de John Costello. Il a été une victime survivante d'un tueur en série. Depuis, il a utilisé sa prodigieuse mémoire pour devenir "enquêteur", c'est-à-dire qu'il cherche toutes sortes d'informations et de preuves pour les journalistes. C'est ainsi qu'il peut faire part à son amie journaliste Karen de ses constatations : il y a un tueur en série en exercice qui rôde et reproduit des crimes du passé ! Bien sûr, ces observations vont attirer l'attention de la police et notamment de Ray, le flic chargé de coordonner les enquêtes. Mais comment arrêter un imitateur ?
Roger Jon Ellory est un habile faiseur qui sait comment monter une intrigue : d'un côté nous allons suivre les angoisses de John Costello qui a compris les choses mais ne sait comment s'intégrer dans la société depuis qu'il a failli mourir. De l'autre, nous suivons les crimes, généralement dans leur découverte. Pour redonner un peu de vie à son histoire, le romancier ajoute une intrigue amoureuse évidente entre Ray et Karen, avec l'ensemble des complications possibles. Le mariage d'une carpe et d'un lapin n'est pas sans poser de problème, d'autant plus que la journaliste protège John qu'elle connaît et sait innocent des crimes, tandis que Ray est plus circonspect car le John en question sait beaucoup trop de choses, qu'il a un comportement aberrant, et qu'il pourrait bien être le tueur en série qu'il prétend pourchasser.
En arrière-plan, Les Assassins livre une série d'informations très intéressantes sur les tueurs en série et surtout sur la fascination qu'ils exercent. John fait partie d'un groupe de victimes des tueurs alors on assiste à des rencontres où des enchères privées permettent d'acquérir des éléments incirminant ces mêmes tueurs en série. Roger Jon Ellory décrit même le quotidien d'une ville dans laquelle un tueur en série a exercé, et qui devient lieu de destination de touristes au grand dame de ses habitants, et surtout des voisins de la maison où le tueur habitait. On assiste également à une rencontre avec un universitaire qui collectionne les documents sur les tueurs ou avec un archiviste de la police qui "nettoie" les dossiers pour revendre à des tarifs exorbitants des documents, des photos...
C'est d'ailleurs sans doute cette partie voyeuriste qui fait le plus froid dans le dos, malheureusement Roger Jon Ellory la traite de loin, sans lui donner une atmosphère qui rendrait le roman puissant et étouffant. Pour le reste, l'on ne sait pas toujours où l'auteur veut aller, entre longues descriptions des crimes, atermoiements des policiers, longs développements sur le passé de John Costello. Du coup, le final où les différents protagonistes se retrouvent dans une sorte de piège dans lequel le tueur va reconstituer un crime permet de conclure et de ramasser le tout de manière un peu forcée. Les Assassins se base sur une idée très intelligente, sur une critique de notre rapport de lecteur aux crimes, mais son traitement est trop superficiel et l'on reste avec cette impression furieuse d'être passé à côté d'un très grand roman.

Citation

John Costello devint le genre de personnes qui se rassurent par des petits rituels : il compte, il fait des listes. Il n'a pas peur la nuit, car il porte en lui toute la nuit dont il a besoin. Dans la rue, il ressemble à des millions d'autres gens.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 31 août 2015
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