Trois fourmis en file indienne

Le flic est comme l'artiste, il ne prend pas de vacances.
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jeudi 20 septembre

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Roman - Policier

Trois fourmis en file indienne

Drogue - Terrorisme - Trafic - Artistique MAJ dimanche 26 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Olivier Gay
Paris : Le Masque, mars 2015
268 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-7024-4233-3
Coll. "Grands formats"

Bédé exotique

Lorsqu'un attentat dans le métro parisien fait un nombre respectable de victimes, cela ne devrait guère concerner Fitz, le dealer mondain du Tout-Paris. Et pourtant... Bob, le hacker invisible, qui a tiré Fitz des ennuis, en appelle à cette faveur qu'il lui doit issue du précédent volet de ses aventures. On soupçonne Philip Munster, un riche oligarque russe, d'être responsable directement ou indirectement de l'attentat. Or celui-ci va donner sa vente aux enchères annuelle d'œuvres d'art sur son île du Pacifique. La mission de Fitz constituera a s'infiltrer chez lui pour poser sur son ordinateur un keylogger, un appareil permettant de siphonner ses données. Et qu'importe si Fitz est une brèle en termes d'art : dans cette mission, il n'y a pas de version "si vous l'acceptez..." Pour corser le tout, Jessica, son ex qui travaille à la police judiciaire s'intéresse de très près au multimilliardaire (enclin à fricoter avec des terroristes). Tant pis, elle sera son escort, sa couverture...
Même après l'épisode de la maturité, difficile de faire évoluer une série qui, par définition, se déroule dans un univers restreint - celui de son anti-héros Fitz le snob, perdant magnifique pour qui la culture se limite à la presse pipole. Mais là, titiller l'exotisme est clairement une bonne idée. Olivier Gay va confronter notre personnage à toute une faune inhabituelle dans un décor qui ne l'est pas moins : le tout fait parfois penser à un épisode des aventures de Tintin ! Du coup, ce mélange habituel d'humour, lié à ce narrateur ridicule par définition, et de gravité prend une fraîcheur nouvelle. On croyait devoir se contenter d'une fin certes conforme au parti-pris de réalisme, mais un brin décevante lorsque l'auteur nous assène une surprise finale, une vraie (bon, on a tendance à nous en coller une pour nous vendre des bouquins, mais elle est en général vite éventée), qui retourne le lecteur comme un gant et donne un nouveau sens à l'histoire tout en étant d'une logique implacable. Au point de donner envie de relire le tout pour voir comment les pièces s'emboîtent ! Un coup de maître qui tire l'ensemble vers le haut au lieu de donner dans le tout-venant. Lorsque l'on est roulé dans la farine avec un tel talent, on ne peut qu'applaudir !

Citation

Beaucoup de gens pensaient que les hackers étaient simplement des surdoués de l'informatique. C'est ce que j'avais cru, moi aussi, avant de réaliser que les plus gros coups demandaient une certaine intelligence sociale, une bonne dose de chantage et un culot sans borne.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 22 avril 2015
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