Sous l'emprise des ombres

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mardi 20 novembre

Contenu

Roman - Thriller

Sous l'emprise des ombres

Fantastique - Hard boiled - Secte MAJ vendredi 17 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

John Connolly
The Wolf in Winter - 2014
Traduit de l'anglais (Irlande) par Santiago Artozqui
Paris : Presses de la Cité, mars 2015
464 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-11491-3
Coll. "Sang d'encre"

Quand Lovecraft rencontre Chandler

Le Maine est un État déjà hanté par les esprits de Stephen King, et c'est aussi l'endroit où la mythologie des anciens Indiens et celles des premiers colons se mélangent plus ou moins harmonieusement. Où Le poids des traditions et de la religion y est d'ailleurs très important. En tout cas, pour John Connolly, qui entend jouer avec les peurs, mélanger une intrigue policière au sens classique du terme et des éléments plus fantastiques ou horrifiques, le Maine avec ses forêts, ses communautés repliées sur elles-mêmes et leurs certitudes se doit d'être un endroit rêvé.
Le postulat de départ est simple : la survivance d'une vieille religion, pré-chrétienne autour de l'Homme vert, une sorte d'entité campagnarde qui se nourrit de sacrifices humains et offre en échange la vitalité à la communauté. Or, cette communauté a un souci car le nombre de candidats au sacrifice est de plus en plus réduit, et la dernière victime potentielle a été tuée bêtement en tentant de s'échapper. Cette évasion, même avortée, même loupée, a laissé des traces dans la communauté qui doit se trouver rapidement une nouvelle proie. Seul petit problème : la jeune femme morte a un père. Même SDF, un père veut retrouvé sa fille disparue. Ce père peut compter sur le détective privé Charlie Parker, alors il ne s'en prive pas. Et puis patratas, le ère se suicide laissant derrière lui des interrogations qui aideront Charlie Parker à remonter la piste de la communauté rurale de ce géant vert qui aime les sacrifices...
En parallèle, John Connolly nous offre une thèse et une intrigue qui servent de colonne vertébrale de la série. D'un côté, la lutte entre différentes sectes religieuses, plus ou moins occultes, plus ou moins fortes, plus ou moins proches des forces démoniaques et paranormales, de l'autre le destin de Charlie Parker. Ce dernier est un détective qui doit jouer un rôle dans la lutte incessante du Bien et du Mal, un rôle mal défini. Pourtant avec l'aide d'amis, il traque des tueurs en série, des frappadingues de la plus belle eau, des tueurs à gage. Cela permet à l'auteur de dresser une série de portraits angoissants, de plongées dans les eaux troubles, au milieu de personnages, masqués, dont le physique horrible renvoie aux horreurs qui se déroulent sous leurs crânes, comme autant d'êtres maléfiques échappés des pages de Lovecraft, dans des clairs-obscurs qui peuvent rappeler les passages sombres d'une série comme Millenium ou comme un X-Files sans extra-terrestres.
Mélangeant ces trois fils narratifs - la lutte contre des tueurs, la recherche de la fille du SDF et la description de la petite communauté du Maine -, Sous l'emprise des ombres parvient à maintenir le suspense entre un récit axé sur une enquête précise et son insertion dans un texte plus ample qui dépasse ce simple volet. Il prouve combien John Connolly sait construire une histoire, intriguer le lecteur et créer des page-turner pour faire un univers personnel, de facture et de style classique, empreint de noirceur, et d'un pessimisme foncier sur la nature humaine.

Citation

C'était censé lui porter chance, mais ça n'avait pas empêché la sienne de tourner. En fin de compte, la chance finit toujours par tourner. Pour tout le monde.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 17 avril 2015
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