Finsterau

L'homme assis devant elle ne ressemble plus au personnage décrit dans le récit de l'affaire, ni aux photos. Il semble frappé du même mal que celui qu'Aurélie avait remarqué chez les parents de Julien : un mal au-delà de la mélancolie, et même d'une autre nature, car la mélancolie est encore un sentiment où la vie affleure, et même culmine, bien que tristement. Kopp semble plutôt être en cours de lente transformation en l'un de ces êtres glaiseux tournant sans fin au fond du Vernejoul.
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Roman - Policier

Finsterau

Procédure - Faits divers MAJ samedi 04 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12,5 €

Andrea Maria Schenkel
Finsterau - 2012
Traduit de l'allemand par Stéphanie Lux
Arles : Actes Sud, février 2015
108 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-330-03910-3
Coll. "Actes Noirs"

Cold case bavarois

In vino veritas : c'est à la fois un proverbe, le titre d'un essai philosophique de Søren Kierkegaard et aussi aussi le point de départ de ce court roman de l'Allemand Andrea Maria Schenkel. Ivre dans un bar, un client laisse entrevoir qu'il connait la vérité sur une vieille affaire criminelle, les meurtres commis dix-huit ans plus tôt de la jeune Afra et de son fils de deux ans dans le petit village bavarois de Finsterau et dont un suspect tout trouvé, Johann (le père et le grand-père, un "sans-terre") a déjà effectué une peine de dix ans. Iformé par l'aubergiste, un procureur rouvre le dossier.
Le roman va alors se décomposer en trois parties : une reconstitution de la vie des victimes avant l'affaire, la façon dont s'est déroulée l'enquête et les interrogatoires actuels qui vont faire surgir la vérité. Les plus téléphiles des lecteurs de k-libre auront pu comprendre dans l'intervalle qu'ils ont là l'argument d'un épisode de Cold case. Mais unn des grands avantages de ce roman est sa dimension. Sur un format court, il permet de présenter une situation, de reconstituer la vie de petites gens - en 1945 des fermiers allemands, rigoristes qui doivent vivre avec leur fille, partie à la ville et revenue enceinte des œuvres d'un soldat français des forces d'occupation, au milieu de la honte engendrée et du quand dira-t-on des villageois. Il permet également de saisir la raison pour laquelle le père va être accusé du meurtre de sa fille et de son petit-fils. Toutes ses actions visent en fait à préserver la normalité, à se comporter en homme digne et sont, sous le regard des policiers, interprétées comme autant de signes de sa culpabilité, façon intelligente de montrer que le point de vue et les préjugés l'emportent facilement sur la réflexion. Le recul d'une vingtaine d'années permet de créer d'autres liens, d'envisager d'autres pistes et de découvrir la solution de ce qui pourrait être un faits divers sordide réel.
Reconstitution intéressante de l'après-guerre dans un petit village bavarois, des mœurs et des façons de faire de l'époque, retour par le procureur sur une affaire avec laquelle il débuta sa carrière, Finsterau développe un récit tragique (dans le sens où la fatalité l'emporte) pour s'achèver sur une phrase glaçante.Il se lit véritablement comme l'on regarde un épisode de Cold case, et le lecteur savoure le soin du détail, des lieux, des gens, de l'esprit du temps. Tout cela rythmé par des sentences tirées de la Bible, et qui donne du relief à un roman d'atmosphère à l'intrigue policière légère, qui se savoure.


On en parle : Lire n°434

Citation

Le vieux s'était déjà retrouvé au trou du temps des nazis. Quand on a déjà fait de la taule, on finit toujours par y retourner.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 04 avril 2015
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