Jean & Nelly

Ne te lance pas à la poursuite de cette chimère. Je n'aime pas François et je ne l'aimerai jamais. Je suis persuadée qu'il te fera du mal, mais je sais que le mystère qui t'entoure n'est pas lié à une quelconque volonté de sa part de te nuire.
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lundi 23 juillet

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DVD - Noir

Jean & Nelly

Urbain MAJ vendredi 12 décembre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12,9 €

Max Obione
Scénario adapté de l'œuvre de Pierre Mac Orlan
Rouen : Les Films du Gabelou, novembre 2014
1 DVD VF Zone 2 ; couleur ; 19 x 14 cm
Coll. "9 - DVD"

Prévert dans le rade

Max Obione est du genre touche-à-tout. Romancier, il a été éditeur, passionné de littératures policières, il n'a pas hésité à se trouver des talents de webmestre afin d'aider l'association 813 à entrer dans le monde virtuel. Adepte des formes courtes qu'il écrit avec un certain talent, il aime à faire partager des atmosphères qui sont souvent autant d'hommages à la littérature et au cinéma qui l'accompagnent. L'imaginer à la réalisation d'un court métrage n'est donc pas farfelu, et l'on ne peut que se réjouir de le voir à la direction d'une forme courte - quatorze minutes - qui prend ses sources dans Quai des Brumes, aussi bien le film de Marcel Carné avec des dialogues de Jacques Prévert, que le roman de Pierre Mac Orlan. L'histoire se déroule donc au Havre, dans un rade esseulé avec un bistrotier qui croit dur comme fer qu'il est le fils de Jean Gabin et de Michel Morgan. Un bistrotier qui fait son cinéma (en intégrant Tarantino et Scorsese) avec un habitué de poivrot qui se réjouit des rasades de vin servies généreusement quand soudain une jeune fille débarque, s'installe, regarde son téléphone portable et fond en larmes. Une jeune fille qui a les yeux de Michel Morgan...

Bande annonce de Jean & Nelly :


L'histoire ne s'arrête pas là. Il y a beaucoup de non expliqué ou non explicite dans ce premier court métrage. À vrai dire, et l'on peut supposer que c'est l'influence inavouée de Jacques Prévert, l'interprétation personnelle est primordiale, et le texte du romancier dans la jaquette intérieure dévoile des éléments incompréhensibles sans cette lecture. Mais revenons au film en lui-même. La photographie de Hugo Miserey est très bien léchée dans un noir et blanc qui ne s'appuie peut-être pas assez sur les ombres avec une jolie musique d'ambiance d'Émeline Miserey et des dialogues à la Prévert. Le rade de Jacquotte - habitué du cinéma puisqu'on le retrouve dans Le Havre de Aki Kaurismaki - est rebaptisé Quai des Brumes et bénéficie d'un bon cadrage avec des plongées qui lui donnent toute son ampleur. Max Obione se permet même le luxe d'un très court passage en couleurs qui détone au cours d'un remake de la scène mythique du baiser dans le film original, mais vu d'un autre angle, et d'une fin ubuesque en muet avec une forte dose de gestes en tous sens du bistrotier et d'un voyou. Le final renvoie au film noir sur fond de mise en scène. Le résultat est très honnête. Le montage aussi, lui qui évite le fondu enchaîné à outrance mais qui offre une suite de séquences parfois coupées abruptement. Mais pour un premier court métrage, c'est plutôt une réussite, et le spectateur prend un certain plaisir à se laisser embarquer dans les brumes de Max Obione.

Jean et Nelly (14 min.) scénarisé et réalisé par Max Obione. Avec : Patrice Guillesser, Claude Soloy, Ambre Miserey et Bruno Gatineau.
Bonus. Interview de Max Obione. Making of.

Achetez le DVD
Le prix peut sembler rédhibitoire. 1 €. la minute, c'est un tarif "Orient Express" (1 €. le kilomètre). L'acheter s'apparente plus à un soutien à Max Obione et à son équipe, mais en ces temps de crowdfounding à outrance, l'initiative et le risque financier encouru sont à louer.

Citation

C'est le sang qui cause, celui qui court dans mes veines, il bouillonne, tu peux pas savoir.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 12 décembre 2014
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