Serial Piqueur

Une cliente examinait un lot de robes suspendues à un portant. La cinquantaine, archétype de la grande bourgeoise persuadée de faire partie d'une élite, et qui n'avait que deux buts dans la vie, dépenser son fric et repousser l'inéluctable travail du temps sur son corps jusqu'aux frontières du possible. Malgré sa robe à mille boules, ses crèmes, son régime vegan, son aqua-gym et ses injections régulières de botox, la sénescence poursuivait son œuvre. Des ridules persistaient au coin des lèvres et aux plis de ses yeux, ses cheveux perdaient de leur éclat, sa peau tirait vers le bas, et ses yeux, jadis en amande, n'étaient plus que deux fentes rougies par la fatigue. Mais pas question de lâcher prise, de s'avouer vaincue, elle s'accrochait.
Philippe Hauret - Je suis un guépard
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

G.A.V.
Nous sommes dans un commissariat français. La nuit arrive. Il y a eu dans la cité voisine deux coups de f...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 25 octobre

Contenu

Roman - Thriller

Serial Piqueur

Tueur en série MAJ samedi 10 octobre 2009

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 13,5 €

Dom Dayau
Bordeaux : Elytis, juin 2009
270 p. ; 15 x 11 cm
ISBN 978-2-35639-022-6

Un savoir pas mal diffusé depuis les Experts et C'est pas sorcier

Un cadavre en Île-de-France. En sale état. L'analyse des petites bêtes qui le colonisent le montre : deux à trois mois de séjour au grand air, ça ne vous requinque pas son bonhomme, surtout s'il était mort au début. La scientifique est sur le coup, épaulée par un entomologiste de haut vol et un biologiste non moins compétent. L'un et l'autre (sans compter l'adjudant-chef dirigeant le service de la crim' idoine), exhibent avec passion leurs connaissances, un savoir finalement pas mal diffusé depuis les Experts et C'est pas sorcier. Or parmi les colons du cadavre, ils découvrent un insecte disparu depuis belle lurette, dont il ne resterait de congénères qu'en Europe Centrale. Hélas, on retrouve aussi dans les poches de la victime un mot sibyllin, ésotérique au possible (Exode, chap. 10), signé Sekhmet...
Les terres des pharaons s'invitent dès lors dans le roman. Dommage : la résolution de l'énigme va s'infléchir pour relever d'un genre plus conventionnel, celui de l'enquête policière mâtinée d'occulte. Un second, un troisième, et jusqu'à un cinquième cadavre achèvent de transformer nos entomologistes en égyptologues distingués. Certes, les insectes font leur retour avec la cire d'abeille, mais un profiler est sur les rangs pour leur voler la vedette, orientant la police vers une famille de dingues dont la maman focalisait sur le personnel onusien... Dommage, encore une fois : avec l'entrée vigoureuse des insectes dans le champ de l'enquête, la scène de crime devenait un personnage de tout premier plan. Leur abandon relatif signe en outre des ruptures de niveau dans une narration plus toujours égale, émaillée de longueurs comme si elles hésitait désormais (la scène de bridge, ou ces leçons de pot-au-feu, articulant des poncifs sans intérêt), instruisant une intrigue plus flottante. Il y avait du style, il manque encore quelque peu la manière.

Citation

Du coléoptère, il avait l'atavisme charognard et l'incorrigible penchant fouille-merde.

Rédacteur: Joël Jégouzo mardi 21 juillet 2009
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page