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mercredi 19 décembre

Contenu

Roman - Noir

Metzger voit rouge

Social - Sportif - Assassinat MAJ jeudi 23 octobre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Thomas Raab
Der Metzger sieht rot - 2008
Traduit de l'allemand (Autriche) par Corinna Gepner
Paris : Carnets Nord, octobre 2014
370 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-35536-145-6
Coll. "Romans noirs"

Enquête sportive

Willibald A. Metzger est un homme policé et cultivé, restaurateur de meubles anciens, qui vit tranquillement et benoîtement. Seule petite entorse à sa vie bien réglée : son amour pour Danjela Djurkovic, une concierge croate, un amour simple et solide où chacun reste chez soi. Mais bon, il faut parfois, pour souder un couple, accepter de faire des concessions, ces choses en commun qui font que Metzger suit sa tendre compagne à un match de football entre les deux clubs rivaux de la ville où il habite. Cette entrée dans le monde violent du sport va transformer sa vie car sous ses yeux, l'un des joueurs, d'origine africaine, meurt. Sa ravissante concierge croit alors qu'il y a un rapport avec les cris racistes proférés par certains supporters et mène une enquête qui s'arrête brutalement lorsqu'elle est rouée de coups et laissée pour mort dans le coma. Malgré son quant à soi, Metzger veut en savoir plus même si cela a des conséquences horribles : il doit fréquenter des vestiaires (heureusement ils sont nettoyés) et rencontrer des femmes de petite vertu (heureusement dans des maisons réservées à l'élite de la société autrichienne).
Il y a bien un meurtre, il y a bien un coupable (à la motivation éminemment complexe), mais l'essentiel du texte raconte autre chose, montre le regard distancié de l'auteur par rapport à la société qu'il décrit. Parmi les grands auteurs autrichiens, il y avait Thomas Bernhard qui ressassait, lançait de continuelles insultes sur l'Autriche, vitupérait sans fin, mais dont le style d'imprécateur répondait au message pessimiste qu'il développait. Pour Thomas Raab, cette description cynique se cache dans une écriture classique mise au service d'une intrigue policière plus que légère, comme si un semblant d'histoire pouvait créer un patchwork sur lequel dessiner des aphorismes cinglants. Du coup, le lecteur amateur de littérature générale, qui se pique de littérature des lumières, de petites piques sur le monde, de la distanciation entre la société et sa description, un peu comme les majordomes pince-sans-rire de la noblesse anglaise, trouvera son compte. Celui qui était plus attiré par la mention "Roman noir" sur la couverture sans doute un peu moins.

Citation

Pas étonnant qu'autour de ce bout de gazon méticuleusement tondu se trouvent des gens qui, les sens à l'affût - surtout celui des affaires -, sont en quête de ces individus en quête de sens.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 22 octobre 2014
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