Le Grand McLintock

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samedi 17 novembre

Contenu

DVD - Western

Le Grand McLintock

Social - Crépusculaire MAJ mercredi 01 octobre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 16,99 €

Andrew V. McLaglen
McLintock - 1963
Patrick Brion (présentation)
Yves Boisset (présentation)
Paris : Sidonis, septembre 2014
1 DVD VF-VOST Zone 2 ; couleur ; 19 x 14 cm
Coll. "Western de légende"

Maureen apprivoisée

Nous sommes en 1963, et le western façon John Wayne est à son crépuscule, pour ne pas dire à l'agonie. Mais dans ce film de famille - non content de faire travailler les enfants Wayne, l'acteur américain droit dans ses bottes a confié la réalisation au fils de son compagnon d'aventure Victor McLaglen -, qui tient de la comédie sur une trame qui est très proche de celle de La Mégère apprivoisée (n'en déplaise à Patrick Brion), les canons du genre volent en éclats au contraire des idées reçues. George Washington McLintock est un riche propriétaire qui règne sans partage sur la région de Mesa Verde. C'est lui qui donne du travail aux habitants, c'est lui qui détient le plus grand troupeau de bovins, c'est lui qui a la plus belle maison et la plus jolie fille (qui est partie faire ses études dans un monde civilisé), c'est lui qui fait la pluie et le beau temps. Seulement, sa femme s'est fait la malle. Sûrement parce que c'est un mufle qui n'écoute que lui-même. Mais elle revient peu avant sa fille décidée à l'emmener avec elle. La réalité sera tout autre. Maureen O'Hara est éblouissante au point que l'on se demande ce qu'elle peut trouver à ce John Wayne vieillissant à l'esprit étriqué machiste qui finira par la convaincre de rester après une bonne fessée à la fin du film. Sa rivalité avec Yvonne de Carlo est légèrement bancale, mais les deux femmes réussissent le tour de force d'entretenir une complicité ludique, et à relativiser ensemble le rôle de John Wayne. Si l'on passe outre ce qui énerve, que l'on s'amuse à regarder ce film avec un second degré tout en se demandant s'il y a un second degré mais en lui octroyant le bénéfice du doute, on appréciera le talent de réalisateur de Andrew V. McLaglen, de ses prouesses à filmer une scène grandiose où les coups de poing fusent et où les chutes répétées sont drolatiques à souhait. Peut-être que l'on se rendra même compte que le grand John Wayne ne croit pas réellement à ce qu'est son personnage quand il avance dans la ville, imperturbable à la fuite de Maureen O'Hara, sûr de lui et surtout convaincu de la reconquérir avec à sa suite l'ensemble de la population de la ville (que dire de cette pauvre Maureen, qui peu à peu y perd tous ses habits ?). Mais le film aborde des problèmes sociétaux et identitaires, certes avec force banalités - le rôle des indiens pacifiés dans une société américaine qui les a corrompus avec de l'alcool, celui des nouveaux colons, celui de la position de la femme - sans pour autant aller au bout. Il reste le discours sous-jacent que ceux qui gouvernent le pays sont des fats qui ne connaissent pas les vraies valeurs de l'Ouest américain, et qu'il faut partir de rien pour être un homme. Par moment, on se demande si ce n'est pas vrai...

Le Grand McLintock (127 min.) : réalisé par Andrew V. McLaglen sur un scénario de James Edward Grant. Avec : John Wayne, Maureen O'Hara, Yvonne de Carlo, Patrick Wayne, Stefanie Powers, Jack Kruschen, Chill Wills...
Bonus. Présentation de Patrick Brion. Présentation d'Yves Boisset.

Citation

Si on avait un peu de sens moral, on ne serait pas à boire là couverts de boue au lieu de nous laver.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 01 octobre 2014
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