Faut que tu viennes

J'ai toujours été sensible aux larmes des femmes, a fortiori quand c'est moi qui les provoque et si la sonnerie de mon portable n'avait pas retenti je pense que je me serai ramolli.
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dimanche 22 juillet

Contenu

Roman - Thriller

Faut que tu viennes

Économique - Tueur en série - Corruption MAJ mardi 26 août 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Pascal Thiriet
Paris : Jigal, mai 2014
264 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 979-10-92016-22-2
Coll. "Polar"

Banquier en sursis

Le titre annonce clairement la couleur : le personnage central de cette histoire, Enée, est surtout un grand velléitaire. Il ne fait pas grand-chose de sa vie et sitôt que sa copine de lycée l'appelle, il accourt. Cette copine, Dido, a elle aussi une vie particulière. Elle a assez d'argent pour se reposer et assouvir sa passion : tuer des banquiers (mais bon chacun ses petites manies, n'est-ce pas ?). En tout cas, là elle vient de louper le dernier qui se trouve à l'hôpital et elle a besoin de son copain pour finir le boulot. Entre-temps on apprend que le blessé préparait avec un politicien local une grande magouille, que la mère du banquier entend reprendre à son compte. Alors, Dido et Enée viennent se mêler de l'affaire. Enée est ballotté par les événements, frappé, chahuté, passant d'un lit de femme mure à un autre, en y trouvant quelques avantages que lui refuse Dido. Il profite de l'occasion pour faire quelques rencontres de passage : des clochards, une hôtesse de mer, etc.
Tout le charme du roman opère dans ses discussions, ses petite touches d'humanité fortement arrosées qui font autant de pauses dans une intrigue un peu chaotique (ce qui lui donne un charme certain, l'histoire répondant ainsi aux états d'âme des personnages). Pascal Thiriet utilise les éléments du genre : une magouille énorme impliquant des Américains et des Chinois, plus quelques banquiers véreux, des auberges mal famées mi-paillottes, mi-lupanars, faisant travailler des ouvriers clandestins, des blessés sur lit d'hôpital qu'il convient d'achever. Émerge la figure d'un politicien local particulièrement corrompu, au point que lorsqu'il arrive avec son 4 X 4, la police préfère disparaître pour éviter les remous. Tous ces éléments s'inscrivent dans un roman où les mauvaises actions des uns répondent aux coups bas des autres, avec une bonne conscience (ou une mauvaise foi) évidente, comme si, dans un monde actuel gangrené et pourri, il fallait bien s'adapter.
Plus que l'histoire, c'est le soin apporté aux personnages, à leurs relations un peu névrotiques qui donne tout son sel au roman. Au final, Enée dénoue une interrogation qui courait tout au long du livre et lui donne une réponse qui peut-être lui servira d'apaisement, comme pour indiquer que, même du chaos et de situations complexes, on arrive à extirper un peu de bonheur.

Citation

Elle lui sourit gentiment comme on sourit à son chat qui amène fièrement un moineau tout déchiqueté au buffet du mariage.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 25 août 2014
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