Maudit mercredi : le jour où les jeunes filles rencontrent la mort

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Roman - Thriller

Maudit mercredi : le jour où les jeunes filles rencontrent la mort

Psychologique - Tueur en série MAJ mardi 19 août 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Nicci French
Waiting for Wednesday - 2013
Traduit de l'anglais par Marianne Bertrand
Paris : Fleuve, mai 2014
556 p. ; illustrations en noir & blanc ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-265-09070-5
Coll. "Fleuve noir. Thriller"

Mercredi, crime en série

Une enquête policière c'est avant tout une façon de mettre de l'ordre dans le désordre du monde. Mais, parfois, tout concourt dans la vie réelle pour parfaire et améliorer ce désordre. Et chacun, pour sa propre tranquillité d'esprit, trouve utile de mentir et de tricher. Ce nouveau roman du couple Nicci French est là pour nous le prouver. Il y a d'un côté une enquête de police étrange sur un meurtre : Dora Lenox, la victime, est une femme de bonne famille, mère au foyer accomplie et bénévole pour des associations caritatives. Comment une telle personne peut-elle se retrouver dans sa maison le crâne défoncé ? Les soupçons se portent sur un père, parfois violent, jusqu'au moment où surgit un amant, fruit d'une relation vieille de dix ans. Somme toute, de quoi compliquer singulièrement la vie de l'inspecteur Karlsson. En parallèle, Frieda Klein, une amie psychothérapeute de l'inspecteur, est au centre de bien des soucis car un tueur en série que tout le monde croit mort s'est pris pour elle d'affection et frappe ceux qui lui cherchent des embrouilles. De plus, elle vient de tomber dans le piège tendu par un concurrent qui espère détruire sa crédibilité. Enfin, suite à une phrase au milieu d'un entretien, elle cherche à comprendre le pourquoi du comment des sens cachés car elle pense que derrière ces paroles anodines se trouve un autre meurtrier en série.
Nicci French saute d'un personnage à l'autre d'un chapitre à l'autre, parfois même au cœur d'un chapitre. Des révélations sur la duplicité et le mensonge se répondent. Au centre de l'intrigue, une parabole arrête le roman : l'auteur s'intéresse aux rivières qui autrefois coulaient pures pour aller se jeter dans la Tamise et qui peu à peu ont été recouvertes par le béton ou des chaussées quand elle n'ont pas été polluées par les rejets divers de la société urbaine. Pour retrouver le calme, Frieda Klein va, malgré les constructions, essayer de suivre le cours de l'une de ces rivières, comme pour saisir la pureté sous la crasse londonienne. Une crasse, un poids de mensonge, qui recouvre tout, salit les êtres et déteint sur les objets (vaisselle sale, jardins mal entretenus) et corrompt les âmes - sans entrer dans les détails, il n'y a qu'à comparer le parcours du tueur en série et celui du journaliste qui aidera Frieda à le coincer, le tueur étant socialement intégré et sans remords tandis que le journaliste porte le poids des morts qu'il n'a pu empêcher.
La construction du roman, d'un livre qui se constitue dans une série en devenir, oblige à virevolter d'un personnage à l'autre, à revenir sur des événements plus anciens. Si l'on ajoute l'intrigue centrale elle-même basée sur des faux semblants et sur des gens qui s'accusent pour disculper ceux qu'ils croient coupables mais qu'ils veulent voir rester libres, Maudit mercredi : le jour où les jeunes filles rencontrent la mort, jouant beaucoup sur l'aspect psychologique des acteurs et leur vie quotidienne (ici, les drames d'une salle de bains à rénover), est un roman qui prend son temps, se lit calmement, avance son bonhomme de chemin.

Citation

Ses pieds dépassaient de la couverture à l'autre bout, les chaussures étaient vieilles et usées, et l'un de ses lacets était défait.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 07 juillet 2014
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