Les Enfants de la dernière pluie

Alors, il faut trouver un mobile. Parce qu'un crime sans mobile ne fait pas un crime, même si les criminologues, qui ont gardé le sens de l'humour, définissent le crime parfait comme le crime sans mobile.
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mercredi 14 novembre

Contenu

Roman - Policier

Les Enfants de la dernière pluie

Psychologique - Huis-clos - Médical MAJ lundi 26 mai 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Françoise Guérin
Paris : Le Masque, avril 2014
332 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-4100-8
Coll. "Grands formats"

Rien de ce qui est humain ne m'est étranger

En 1845, Edgar Allan Poe a écrit "Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume", une nouvelle humoristique qui évoquait un curieux asile d'aliénés. Dans les faits, imaginez un interné sortant en 1944 de son asile et découvrant Auschwitz : où se situerait la folie ? Françoise Guerin a choisi de centrer sa série autour du commandant Lanester, un policier lui aussi en proie à bien des soucis. Dépressif, il a un frère hospitalisé dans une structure spécialisée. C'est d'ailleurs en lui rendant visite qu'il assiste à la défenestration d'un homme, un infirmier qui se serait suicidé après avoir tué un pensionnaire. C'est l'occasion pour le commandant Lanester de chercher à en savoir plus car l'enquête part dans plusieurs directions, offre des focus sur les pensionnaires, les médecins administratifs ou les policiers dont, au fil des pages, l'on se demande qui mériterait une place dans une structure fermée. Le tout est fait sans notion de système et les désarrois des personnages, les fêlures, sont la représentation des failles et désarrois de notre propre monde.
Ce n'est sans doute pas un hasard si le personnage emblématique de l'établissement est un poète (fou ou voyant ?) traumatisé par la Première Guerre mondiale, qui a été sans doute le premier grand instant où la folie s'est emparée du monde pour ne plus le quitter. Le style de Françoise Guérin fait se concentrer les univers clos : l'essentiel de l'intrigue se passe dans l'hôpital, plus encore dans des espaces fermés de celui-ci (caves, archives) ; les bâtiments sont à la fois ceux des patients et des médecins, eux-mêmes vivant en vase clos, le tout renforcé par la description de dynasties médicales qui resserrent encore le cadre général, créant une toile d'araignées piégeante.
À l'intérieur de ces cercles d'enfermement, les sorties ne sont pas préférables : le monde est dangereux, le commandant Lanester est blessé dans les jardins, passer à travers une vitre est une manière un peu cavalière de s'aérer, mais lorsque ladite fenêtre se trouve dans les étages supérieurs de l'hôpital, cela ne débouche que sur la mort...
L'auteur est psychologue de formation et cela se ressent dans sa façon de décrire, certes, mais surtout de se mettre dans la peau de ses personnages : certaines scènes s'ouvrent, se développent, distillent le malaise, lancent des pistes qui s'évanouiront, pour des détails où parfois des éléments plus importants sont occultés - la description des laboratoires pharmaceutiques et leur pouvoir par exemple. Mais l'intrigue reste toujours centrée sur les hommes et les femmes qui sont au cœur de cette trame.

Citation

Xavier fait carrière dans la psychose, un domaine où les chances de promotion sont un peu limitées.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 22 mai 2014
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