Terreur dans les vignes

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mercredi 14 novembre

Contenu

Roman - Policier

Terreur dans les vignes

Ethnologique - Gastronomie MAJ mercredi 14 mai 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Peter May
The Critic - 2013
Traduit de l'anglais par Ariane Bataille
Rodez : Le Rouergue, avril 2014
278 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-8126-0653-3

Cadavres confits au Gaillac

Si les Britanniques sont attirés par la France, c'est sans doute, parce que nous avons des jolies femmes, du vin et que nous avons eu le courage de nous occuper sérieusement de notre royauté. Voilà pourquoi Enzo MacLeod s'est installé en France depuis de longues années. Il a décidé de s'occuper des vins de Gaillac, issus d'une région injustement méconnue des amateurs de grands crus. Injustement ? En fait, Gil Petty, un Américain, l'un des papes de la critique, œunologue confirmé, s'était rendu dans ces vignobles pour en détecter les qualités, mais il soudainement a disparu... Quand son cadavre est retrouvé après avoir semble-t-il longtemps mariné dans du vin rouge avant d'être déposé au beau milieu d'un vignoble, c'est l'occasion pour Enzo MacLeod de faire valoir ses talents de détective et d'aller enquêter sur ces terres de bon alcool. Entre deux leçons de vie sur la vinification, la mise en fut, la dégustation, le sens du terroir, la marchandisation des crus et l'influence délétère des critiques (heureusement il n'a pas eu affaire aux Chinois, nouveaux prédateurs des vignobles), Enzo MacLeod ne sait trop où donner d'une tête qui flageole sous la poussée des gueules de bois et des méchants gusses qui lui tapent sur le crâne.
Il pourrait aussi s'occuper des filles, et il n'a que l'embarras du choix : une jeune assistante qui dort dans son gîte, la fille de Gil Petty arrivée des États-Unis et qui entend régler ses conflits œdipiens avec quelqu'un qui pourrait être son père, une juge d'instruction à qui il fait du rentre dedans et une maîtresse qui débarque sans crier gare. Cela donne des scènes de vaudeville, personne ne pouvant penser qu'il reste chaste quasiment tout au long du roman. Quant à la Révolution française, elle passe par là aussi puisque l'œnologue mort était le descendant d'un citoyen français ayant fui le pays lors de la grande terreur.
Entre-temps, d'autres cadavres apparaissent, des gens disparaissent et se retrouvent dans des cuves de vin, des silhouettes se promènent dans la nuit sans que l'on sache si elles cherchent la bonne aventure ou un mauvais coup à accomplir. Le récit oscille avec bonhomie entre des scènes de restaurant, des fiches documentaires sur le vin mises en dialogue avec métier, des développements sur les problèmes des personnages : l'assistante d'Enzo MacLeod tombe amoureuse d'un suspect et voit sa mère mourir ; la fille de ce même Enzo MacLeod entame une liaison avec le précédent amant de sa maîtresse ; et les relations conflictuelles avec la gendarmerie locale deviennent une alliance amicale.
Bref, tout tourne et avance dans une mécanique bien huilée, aux acteurs brinquebalés dans une intrigue calibrée qui avance son bonhomme de chemin, sans déplaisir, comme un bon petit cru que l'on déguste entre amis, un soir à la fraîche en profitant de la vie, sans se prendre la tête, ni même avoir la tête prise.

Citation

Quand les sujets de l'expérience avalaient le vin, le cerveau des sommeliers entrait aussitôt en activité des deux côtés de l'hippocampe, qui joue un rôle majeur dans la mémorisation.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 28 avril 2014
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