Les Rues de Santiago

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mardi 20 novembre

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Roman - Noir

Les Rues de Santiago

Hard boiled - Arnaque MAJ lundi 17 mars 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Boris Quercia
Santiago Quiñones, tira - 2010
Traduit de l'espagnol (Chili) par Baptiste Chardon
Paris : Asphalte, février 2014
160 p. ; 18 x 13 cm
ISBN 978-2-918767-40-4
Coll. "Fictions"

Mort aux dents

Boris Quercia nous propose un court roman noir urbain qui, dès le début, s'apparente à des chroniques policières avant que très vite un fil narratif et une intrigue voient le jour. L'on démarre avec Santiago Quiñones perdu ses pensées lorsqu'il est positionné à un point névralgique lors d'une opération policière pour arrêter des trafiquants de drogue du gang des Guateros. Il n'a surtout pas envie de tuer, mais sait qu'en cette journée qui va bouleverser sa vie l'hémoglobine va couler parce que Baltasar, quinze ans, pense qu'il pourra s'échapper de la souricière. À partir de là, outre l'immersion dans les rues de Santiago et dans les pensées de Quiñones, l'on va assister à une véritable histoire à l'héritage du hard boiled américain. Au hasard de ses déambulations après une mise à pied pour enquête, celui qui est membre du PDI, la Police D'Investigation du Chili, mais surtout grand amateur de femmes (à la dentition imparfaite, ne lui parlez pas d'orthodontie), croise la silhouette d'Ema, femme fatale qui est à l'origine d'une arnaque à l'assurance, qu'il suit jusqu'à un hôtel. Mais cette femme n'est qu'un élément de l'arnaque et a des complices, des amis de Quiñones. Tout d'abord Riquelme, un ancien flic véreux devenu détective privé, ensuite Albano, un avocat miteux qui sniffe une coke polluée par ses propres pellicules. Les apparences sont trompeuses alors Quiñones suit Riquelme qui suit Ema jusqu'à ce que Riquelme soit assassiné presque sous ses yeux. L'histoire est tordue comme toutes les histoires racontées dans ces romans noirs séduisants à l'américaine, et pourtant d'une simplicité limpide qui se base sur une étude de l'humain. Les chapitres très courts donnent un rythme essentiel et effréné. Le style navigue entre épure et onirisme car le texte est chilien. Quiñones est un homme perdu dans la ville et dans la vie. Amoureux fou sans le savoir de l'infirmière Marina, il a surtout sur la tête les honneurs d'un contrat des Guateros qui entendent venger Baltasar. Alors il bouge dans tous les sens, il fuit, il court, il pleure, il pisse le sang, il se pisse dessus. Il n'est pas couard, mais il n'est pas courageux. Il n'est ni noir ni blanc, il est même à la réflexion d'un gris douteux. Cependant, il a une certaine idée de l'intégrité, et en un sens il est d'une certaine probité même si sa carrière a été construite avec son accord sur une malhonnêteté fomentée par Riquelme, l'homme malhonnête par excellence qui trompe surtout ses amis. Il plonge dans Ema et dans des nuits festives et sexuelles, mais se sentant coupable, il rêve d'une vie avec Marina. La notion de pardon est importante dans une vie construite sur des mensonges et des méfaits. Quand il est question de pardon, il y a toujours un poème de Pablo Neruda. Quand il est question de rebondir, de revenir d'entre les morts, alors il faut avoir le mors aux dents. Et Boris Quercia, contrairement à ses aînés américains ne nous offre pas une fin désespérée, mais une fin avec une seconde chance pour un héros sur la voie de la rédemption. Un roman noir qui se termine bien, c'est étrange, mais la littérature chilienne est étrange et, franchement, c'est tant mieux !

Citation

L'histoire du merdeux, je l'ai lue dans le journal, peu importe, ou tu le tuais toi ou ceux de l'autre bande le tuaient ou la drogue le tuait. Il est né mort celui-là, elle aurait mieux fait d'avorter sa mère.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 17 mars 2014
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