Colères

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jeudi 20 juin

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Bande dessinée - Noir

Colères

Politique - Psychologique MAJ lundi 18 mai 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Mathias Mercier (scénario), Paul Filippi (dessin)
Paris : KSTR, février 2009
102 p. ; illustrations en couleur ; 28 x 19 cm
ISBN 978-2-203-01227-1

Foutue journée !

Roger Bollard, détenu, est à bord d'un train, en cours de transfert vers une autre prison. Échappant à la vigilance de ses deux gardiens, il saute de l'express en marche et se réfugie dans une petite gare. Il est découvert dans un wagon par Georges, un cheminot qui lui propose aussitôt son aide et l'accueille chez lui sans poser de questions. Le fugitif lui donne raconte tout de même son histoire : engagé pour fracturer le coffre d'un médecin et y "cueillir de la paperasse", le cambrioleur est surpris par le propriétaire des lieux, rentré plus tôt que prévu. Mais le brave docteur n'a pas le temps d'alerter qui que ce soit : il est abattu par un mystérieux tireur qui tente également mais en vain de liquider Bollard. Blessé, le perceur de coffres est vite arrêté, jugé et condamné pour meurtre... mais il a pris le temps de planquer les papiers volés au médecin. Et c'est justement pour ces papiers que débarque chez Georges un non moins mystérieux "colonel", accompagné de sbires armés. Les nouveaux venus embarquent Bollard, et pour faire bonne mesure, Line, la fille du cheminot. C'est le début d'une longue traque pour Georges, que toute cette histoire va replonger dans un passé douloureux...

Excellents débuts pour le duo Mercier–Filippi ! Colères est une histoire noire, rythmée et captivante. Classique mais solide, le scénario de Mercier replonge le lecteur dans une France de 1965, encore sous le choc de la guerre d'Algérie mais aussi de la Seconde Guerre mondiale. Si la première sert principalement à caractériser – en creux - le personnage du colonel aux trousses du fugitif, la seconde pèse elle beaucoup plus sur le personnage du "héros", Trauven, homme pas encore vieux, mais déjà fatigué par la vie et ses épreuves. C'est par lui que passe les "colères" du titre de cet album. Il semble les canaliser toutes à lui seul. Mercier a pris un soin évident à dresser autour de lui tout un entourage familial (sa fille Line, sa belle-sœur farouche), amical (ses copains cheminots) et... hostile (le colonel et ses hommes de mains), qui va servir de révélateur à la transfiguration de Georges Trauven, homme aux blessures profondes. Tous ces personnages, très humains, jusque dans leurs actes les plus impardonnables, sont pris dans une sarabande qui ne se terminera que dans un final aux allures de western... Le dessin de Filippi, tout en courbes et arrondis, est tout à fait étonnant, et a un côté rétro qui colle à la perfection à l'époque de cette histoire. Au final, une réussite de plus pour KSTR, un label encore jeune, et qui explore tous les genres, mais que tout amateur de noir se doit de surveiller de près.

Citation

Georges Trauven ? Vous n'avez pas ce regard de tueur dont parlent les journaux !
– Je commence à croire le contraire !

Rédacteur: Frédéric Prilleux samedi 16 mai 2009
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