Les Fantômes du Panassa

- Vendriez-vous un trou du cul de rat à un aveugle en lui disant que c'est une bague en diamant ? [...] - À condition de ne lui en demander que le prix équitable pour un rectum de muridés et d'être absolument convaincu que l'aveugle a assez d'imagination pour se figurer le brillant de la pierre.
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jeudi 29 juin

Contenu

Roman - Noir

Les Fantômes du Panassa

Assassinat - Corruption - Urbain MAJ mercredi 25 septembre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Yves-Daniel Crouzet
Paris : Nouveaux auteurs, juin 2009
380 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-917144-49-7

La nostalgie, camarade

Saint-Étienne à la grande époque, c'était tout d'abord une équipe de football qui faisait rêver, et les catalogues Manufrance. C'était le temps heureux où les enfants "zonaient" dans la ville, fumaient leur première cigarette, espéraient ensemble un avenir digne des BD de super-héros qu'ils feuilletaient. Et puis un soir, quatre enfants qui s'amusaient ensemble, découvrent l'horreur lorsque l'un d'eux se fait kidnapper. Seul indice : le nom de "Bomaki", sorte de Jack l'Éventreur local. De nos jours, Christophe Chalier a essayé d'oublier ce passé et habite Paris, mais on n'échappe pas impunément à ses souvenirs, surtout lorsque l'on reçoit une lettre anonyme annonçant le retour de Bomaki... Il de retourner dans sa ville natale, pour apprendre à son arrivée qu'un enfant a été kidnappé... Il lui faut d'abord retrouver ses repères, mais c'est difficile difficile dans une ville qui a changé. Christophe Chalier se trouve dans une sorte de brume, où les souvenirs créent des images qui ne peuvent se raccorder à la réalité. En commençant ses recherches, il découvre que Bomaki n'était pas l'ogre qu'il pensait mais le surnom donné à un homme qui en lutte contre des malversations. En effet, derrière nos souvenirs de têtes échevelées de Johnny Repp ou Dominique Rocheteau, derrière les couleurs criantes des 4-Fantastiques, se cachent la face sombre des années 1970 : le pompidolisme triomphant, les magouilles immobilières, les grands ensembles qui commencent à craquer, le progrès financier qui écrase les restes du gaullisme social.

Yves-Daniel Crouzet décrit avec soin et restitue avec conviction un mélange entre le réalisme des situations contemporaines et une sorte de brouillard qui nimbe le texte, qui l'éclaire de manière fantastique, un fantasmatique dilué, à l'instar de cette scène centrale sur le kidnapping de l'enfant où lentement les monstres surgis du flou deviennent des hommes déguisés et masqués, où les légendes urbaines d'un monstre dévoreur deviennent les sinistres magouilles d'un promoteur pédophile. Du coup, Les Fantômes du Panassa s'ancrent quelque part entre Stephen King et Dennis Lehane dont l'auteur s'est inspiré pour décrire de manière acérée l'obligation de se retourner sur son passé pour y découvrir ses propres peurs, ses propres failles, et essayer d'y remédier afin de continuer à vivre en pouvant se regarder dans une glace. Sous prétexte que Saint-Étienne est moins glamour que Boston ou le Maine, le lecteur pourrait passer à côté d'un roman intéressant, bien mené, où la question du passé, de la transmission, des fautes des pères et des rachats des fils forment une trame mélancolique sur un récit bien troussé.

Citation

Un appel sinistre avait retenti du lointain passé, l'avait tiré de son douillet appartement parisien, pour le ramener ici. L'appel d'une époque oubliée.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 23 septembre 2013
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